Sherlock Holmes flaire aussi bien les coupables que les bonnes salles. Jouée auparavant dans un petit théâtre, la pièce Sherlock Holmes et le mystère de la vallée de Boscombe est désormais à l’affiche du Théâtre du Gymnase et sera également au festival d’Avignon, en plus d’être éligible aux Molières 2018. Levons tout de suite un peu le mystère et parlons de cette pièce de théâtre drôle et prenante !

Sherlock Holmes mène l’enquête avec le public

Dans la série « enquêtes au théâtre », on poursuit avec l’adaptation de l’une des cinquante-six nouvelles écrites par Arthur Conan Doyle : The Boscombe Valley Mystery, publiée en 1891. En ce jour de 1888, Mrs Turner demande l’aide de Sherlock Holmes pour tenter d’innocenter James. Ce dernier est accusé du meurtre de son père, Charles MacCarthy. Parce qu’il fait 19°C, l’éminent enquêteur accepte la mission. Il sera accompagné du fidèle docteur Watson. L’adaptateur et metteur en scène de la pièce, Christophe Delort, a lu du Sherlock pour la première fois à 34 ans. Histoire de rattraper le temps perdu, il a décidé de jouer lui-même le fameux détective. On découvre ainsi un détective amusé et amuseur, qui aime semer des blagues par-ci par-là. Mais attention, l’image du détective à la pipe et au chapeau, un style reconnaissable entre tous, est mise de côté. Ce qui amuse dans la pièce, c’est l’histoire transformée en comédie et en enquête à élucider avec le public. Le jeu est ainsi partagé, tout comme le bonheur d’être là ce soir-là.

Sherlock Holmes mis en scène
Sherlock Holmes (Christophe Delort), le docteur Watson (Karim Wallet) et Mrs Turner (Charlotte Gachon) incarnent neuf rôles en une heure de spectacle (DR).

Comme les pages d’un livre

La pièce se détache quelque peu du XIXe siècle. À la morgue, voici que l’on croise un certain Johnny… dont la disparition cause un problème de succession… Sur scène, trois acteurs seulement, pour neuf personnages. Chaque rôle est parfaitement conçu et interprété, ce qui ne donne pas l’impression que l’acteur a changé de rôle. Tout s’enchaîne bien. Les comédiens annoncent à tour de rôle le passage à la scène suivante, comme si l’on tournait les pages de la nouvelle. Mais on est au théâtre, et on ne s’en cache pas (il est même fait allusion à la représentation suivante), les personnages n’hésitant pas à rappeler que l’on est dans un théâtre après tout, et que les scènes finissent toujours par une plongée dans le noir. Même si le spectateur, lui, n’avait pas encore envie que la nouvelle se termine.

Sherlock Holmes et le mystère de la vallée de Boscombe, Théâtre du Gymnase (Paris 10e)
Jusqu’à fin avril

Sherlock Holmes en scène au Théâtre du Gymnase

par Armandine Castillon Temps de lecture : 2 min
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