Kong : Skull Island est la dernière itération filmique du célèbre gorille géant. Seulement 12 ans après l’immense film de Peter Jackson, la version de Jordan Vogt-Roberts ne joue pas dans la même catégorie.

Nouveau contexte pour nouvelle version

Les intentions de création ne sont pas les mêmes. Le film de 2005 était un projet désiré et voulu de longue date par Peter Jackson, un rêve de gosse de 3H, un film immense aux moyens et intentions formidables dans la droite lignée de la version de 1933. Skull Island se cale dans un projet plus ludique de créer un univers des monstres, en lien avec le film Godzilla sorti en 2014. Tout le propos des films anciennes versions disparaît donc, exit la solitude du monstre et sa colère emplie de tristesse, bienvenue au mastodonte Kong, protecteur des habitants de l’île du crâne. Le film ne sera que l’histoire de la venue et du départ d’un groupe d’humains sur l’île de Kong à la sortie de la guerre du Vietnam.

Le sacrifice du mythe sur l’autel du fun

Skull Island n’est plus qu’un très bon divertissement, fun avec ses choix de cadres et de montage. Le réalisateur et les acteurs se sont visiblement amusés à faire ce film. Et on s’amuse à voir ça, mais on n’en retiendra presque rien. Tel un Transformers, tout est dans le style mais rien dans le fond. Kong n’est plus qu’un protecteur bourrin luttant contre des créatures souterraines, les personnages humains sont stéréotypés à fond (point bonus pour le militaire fou joué par Samuel L Jackson) et l’histoire perd tout enjeu par manque de nuance et de profondeur dans les relations des personnages. Tout fan de Kong va avoir un peu de mal à accepter ce traitement du monstre.

Skull Island ou le syndrome de l’univers partagé

Le long-métrage est un socle qui servira à composer un univers partagé, de la même manière que le Marvel Universe ou DC Universe, mais cette fois ci pour les gros monstres de cinéma : Godzilla et King Kong pour l’instant donc. Pour faire tenir cette ligne directrice, le film est donc obligé de cumuler un cahier des charges important qui l’empêche de développer quelque chose. Tel un Iron Man 2 ou un Batman V Superman, il prévoit trop le futur pour bien faire le présent. Les développements de personnages sont bazardés, si bien qu’une mort nous surprend tel un jump-scare mais sera oubliée dès l’instant d’après. On vit donc le film tel un roller coaster, fait pour vivre des sensations fortes et un plaisir immédiat. Mais on l’oubliera bien vite.

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Skull Island : du bruit, de la fureur pour peu de profondeur

par Christophe Lalevee Temps de lecture : 2 min
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