En janvier sortait Pentagon Papers, ode au journalisme, en mars, Spielberg revient, cette fois, avec un film de SF : Ready Player One. Dans cette adaptation du roman d’Ernest Cline, le réalisateur dépeint un monde futuriste, pas si lointain. En 2045, l’homme délaisse la réalité pour rêver dans l’OASIS, une création de James Halliday.

Spielberg : le technicien de la Science Fiction

Spielberg et la Science-Fiction, c’est une grande histoire d’amour. Le réalisateur signe avec Ready Player One sa 6e adaptation d’un livre de SF. Alors évidemment, le rendu de l’OASIS est magnifique. Le film a un univers graphique particulier qui se compose de la partie réelle et celle virtuelle. L’OASIS a été shooté en numérique grâce à la performance capture tandis que les scènes se passant à Colombus dans l’Ohio sont tournées en 35 mm. Le sentiment de tristesse du quotidien du héros est rendu par des teintes grises alors que la VR est pleine de couleurs saturées. Spielberg se permet même d’abolir les frontières entre ses deux mondes en superposant à plusieurs reprises les deux dans des situations rocambolesques. À cela, s’ajoute des scènes d’actions qui font rêver tous spectateurs friands du genre. Que ce soit lors d’une course de voitures ou sur le dance floor, Alan Silvestri signe une BO qui se fond parfaitement dans le décor. En effet, la musique, fait littéralement vrombir les sièges. Effet garanti ! Ready Player One redéfinit aussi l’art du flash-back. Wade s’accroche au passé de son héros James Halliday, Spielberg nous donne alors à voir cette histoire décortiquée à loisir dans une bibliothèque bien singulière…

Ready Player One : le futur n’est pas qu’un jeu vidéo

Certains pourront voir dans Ready Player One un autoportrait de Spielberg, à vous de voir s’il est plus Wade, James Halliday ou Nolan Sorrento. Ce triptyque de personnages masculins le représente peut-être à différents moments de sa carrière. Il est certain en tout cas, que l’écriture de ses personnages amène à un cheminement émotionnel dont le réalisateur est parti prenante. Le réalisateur s’attache surtout à réfléchir sur le rôle de l’héritage, le sien et celui des autres notamment à travers des références communes. Nous n’en citerons aucune ici pour ne rien spoiler, mais celles-ci sont truculentes et toujours justement amenées. Bien que placé dans un contexte de jeux vidéo, Ready Player One est autant attaché à la culture geek des 80’s qu’au cinéma dans un sens large. Spielberg manie l’art du décalage qui donne une note humoristique afin de mieux dénoncer les dangers à rester coincé dans le passé. Pour lui, la société se doit de construire son futur en se basant sur de vraies relations humaines. Il n’y a qu’en s’appuyant sur une communauté que le joueur s’en sort et pourra accéder à ses rêves. En mêlant technique et humour dans un film grand spectacle, le réalisateur de 71 ans prouve avec Ready Player One qu’il est toujours le plus grand dans un domaine qu’il ne cesse de réinventer.

Spielberg est le maître de l’OASIS dans Ready Player One

par Aliénor Perignon Temps de lecture : 2 min
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