Après « Moi, Représente Tous, Et parle au nom de Ceux », Stéphane Jouanny sort son second roman intitulé « Sans Elles ». Un deuxième livre, tout aussi réussi que le premier. L’histoire de Jules ne laisse définitivement pas indifférent.

Sans Elles, mais qui ?

Quand on voit inscrit sur la couverture en gros « Sans Elles » comme titre, on se pose quelques questions. Laissez-moi donc vous présenter ces trois personnes. Stéphane Jouanny nous parle dans son roman d’Anaïs, Lola et Léa. Anaïs est le premier amour de Jules, sa copine de fac tandis que Lola est son dernier amour, littéralement. Il la rencontra à une soirée chez une patiente qui est devenue son amie. Lola 24 ans se présente à lui un samedi 21 mai 2016. Avec la première, l’amour durera 3 ans de 2008 à 2011. Lola, elle, on ne sait pas trop. Léa restera pour Jules une inconnue, une lourde empreinte du passé, un fantôme.

Les histoires d’amour finissent mal en général

Stéphane Jouanny dans « Sans Elles » dévoile le côté sombre de l’amour ; le manque, le malaise de l’après. Ce livre est donc une romance, mais pas à l’eau de rose ou si, mais des roses pleines d’épines, des roses noires… Jules, le personnage principal a aimé et surtout souffert. Même lorsque l’amour est beau, naissant, il y a toujours des questions qui subsistent : « malgré l’amour absolu, les doutes surgissent parfois au détour de dangereux virages ». L’auteur analyse les sentiments d’un point de vue masculin et ce avec une profondeur déconcertante : « Jour après jour, le silence des vieux amants s’est ainsi répandu sur notre union, accentuant la froideur de cette distance qui s’était tissée entre nous » ou encore « Cet amour qui rôde comme une menace à la surface de mon cœur, armé de ces notes graves qu’on expulse de la chair des violons ».

Jouanny un romancier audacieux

« Sans Elles » est irrémédiablement différent. Le premier chapitre vous laissera sans doute dans une perplexité saisissante, mais la boucle sera bouclée avec le dernier. S’il on voyage de 2008 à 2019, le roman ne compte que 132 pages. Stéphane Jouanny nous livre ainsi que l’essentiel et ses bonds dans le temps sont originalement véhiculés. Certains chapitres sortent quelque peu de l’histoire et sont plus philosophiques tandis qu’on entre dans les autres par des lieux et dates à l’image d’un journal intime. Ainsi, p73, vous pourrez lire « Chez nous, dans les plis des draps. Rue de Seine. 75006 Paris. 18 octobre 2016, 11h21 ». Les femmes de la vie de Jules sont aussi amenées à écrire dans un style épistolaire que je vous laisse découvrir aux pages 81 et 90 notamment. La linéarité et la monotonie ne sont donc pas au rendez-vous de « Sans Elles » vous l’aurez compris, mais sans rien en révéler, le twist final est un réel coup de génie.

Stéphane Jouanny et la vie Sans Elles

par Aliénor Perignon Temps de lecture : 2 min
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