La Suède n’est sans doute pas le premier choix des étudiants français pour étudier à l’étranger, mais il recèle pourtant de bien jolis paysages, et une vie étudiante enviable, comme va certainement vous le prouver l’interview de deux étudiantes françaises qui s’y sont installé cette année.

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L’étudiant autonome est parti sur les traces de deux étudiantes expatriées en Suède. Louise, 23 ans, est partie y terminer ses études. Après deux années en classe préparatoire économique, puis deux ans dans une école de commerce de Strasbourg, elle souhaitait faire sa deuxième année de master en marketing à l’étranger : « J’avais vraiment envie de partir faire cet échange et de garder le meilleur pour la fin ! J’ai donc décidé de faire mes deux années d’école à la suite et de terminer par mon année à l’étranger. » Elle vit dans une résidence universitaire près de Stockholm, à Lidingö. Marie des Neiges, 16 ans, a décidé de partir en classe de première pour aller faire une deuxième année de Gymnasium (lycée) et suivre le programme Humanistiska, qui comprend des cours de langues, de culture et de rhétorique. En Suède, elle loge dans une famille d’accueil bénévole à Karlstad, une ville dans le centre-ouest de la Suède. Elle a pu partir un an grâce à l’association AFS.

Choisir de partir dans un pays froid n’est pas le plus commun, mais le but de partir à l’étranger reste avant tout de découvrir une autre culture. Louise s’est laissée porter par l’aventure : « Au départ, j’étais davantage intéressée pour partir dans un pays anglophone. Puis en réfléchissant bien, j’avais envie de découvrir aussi autre chose, un pays où je n’étais jamais allée et où j’avais tout à découvrir. Je me suis alors penchée sur les pays scandinaves et dans la liste des universités partenaires j’ai opté pour Stockholm. » Pour Marie des Neiges, cependant, il s’agit de son premier choix : « J’ai choisi ce pays car je savais que les suédois (et les scandinaves en règle général) ont une belle maîtrise de l’anglais. Je voulais mettre à profit mon année d’échange pour améliorer mon anglais mais aucun pays anglophone ne me tentait autant que le nord de l’Europe. Je ne savais presque rien de la Suède en partant – leur culture n’est pas aussi véhiculée que peut l’être celle des États-Unis – et c’était d’autant plus excitant de partir face à l’inconnu. »

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La vie étudiante

Si la Suède ne fait pas partie des destinations privilégiées, c’est sans doute en partie parce que, l’affirme Louise, « Le coût de la vie reste assez élevé (même comparé à Paris) donc ce n’est pas tout le temps facile » mais « pour la vie étudiante il y a toujours plein de choses à faire ! (sorties, visites, voyages…) ». S’il fait nuit vers 15h, les Suédois ont une pratique bien à eux : le fika. Il s’agit d’une pause goûter ou café durant laquelle ils retrouvent leurs amis et collègues dans des cafés pour discuter. Cette pause est alors l’occasion de déguster le fameux daim mais aussi le Kanelbulle, une délicieuse pâtisserie à la cannelle que l’on ne peut trouver qu’en Suède !

Côté culturel, le prix d’une place de cinéma peut atteindre 16 Krs (couronne suédoise – soit environ 17 €) et l’entrée des musées reste également chère. Si Paris n’a rien à envier à Stockholm côté visites culturelles, il ne faut cependant pas négliger le Nordiska Museet, le Moderna Museet ou encore le Palais royal. D’autre part, n’allez pas parler du groupe ABBA à des Suédois, ils n’apprécieront pas forcément… Cependant, vous pouvez toujours aller voir l’excellent musée qui leur est consacré à Stockholm.

Et la langue dans tout cela ? Les Suédois parlent beaucoup l’anglais, au cinéma les films sont même en anglais et sous-titrés en suédois ! Cependant, le suédois reste la langue officielle de la Suède. C’est sans doute l’adaptation la plus difficile pour les étudiants étrangers. De l’aveu de Marie des Neiges : « J’aimerais pouvoir dire que la langue n’a pas été un problème, mais malheureusement ça l’a été. Je ne connaissais aucun mot en arrivant et je pensais que ça serait plus facile d’apprendre « sur le tas ». J’ai su comprendre assez rapidement, car je n’avais pas le choix, ma famille parle seulement suédois. Mais j’ai beaucoup de mal à retenir le vocabulaire alors cela demande plus de travail pour m’exprimer. C’est compliqué les premiers mois ; malgré tout faisable et c’est le meilleur moyen d’apprendre une langue ! ».

Cependant, « les suédois parlent très bien anglais et surtout adorent parler anglais », alors pour les étudiants qui n’auraient pas pu partir dans un pays anglophone, il vous reste encore la Suède ! Et l’expérience de Louise a été la même : « Je n’avais pas pris de cours de suédois avant de partir et à mon arrivée j’ai été un peu perdue car je ne comprenais rien du tout. Mais je me suis rendue compte très rapidement qu’en Suède tout le monde parle anglais et que ce n’est pas un problème de ne pas maîtriser le suédois. J’en ai quand même profité pour prendre des cours de suédois et avoir quelques notions, mais ça reste une langue un peu difficile à apprendre et le système d’apprentissage ici va relativement vite. En revanche, il paraît que c’est plus facile pour ceux qui parlent allemand car il y a quelques ressemblances. »

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Les plus de la Suède

Marie des Neiges l’affirme, « le système d’enseignement suédois est de haute qualité, ce qui est indéniablement un bon point. Et le niveau d’anglais est élevé, ce qui n’est pas négligeable quand on décide d’étudier dans un pays étranger ». La différence avec l’enseignement français est notable, puisque les lycéens ont la possibilité de prendre des options très riches comme la musique, la danse, la photographie ou l’art.

Pour ce qui est de la capitale, Louise trouve que Stockholm est « vraiment une ville superbe à découvrir. L’hiver est un peu rude car il fait très froid et nuit beaucoup plus tôt, mais on s’y habitue… Ça reste une ville à taille humaine mais avec plein d’endroits pour sortir et, question shopping, c’est l’endroit idéal pour découvrir de nouvelles tendances. Enfin, l’avantage d’être Stockholm c’est qu’il est possible de voyager : visiter la Laponie, les autres pays scandinaves, le Danemark, les pays de la Baltique ou encore la Russie. » Avis aux intéressé(e)s…

Après la Suède…

Pour Marie des Neiges, cette expérience lui a inspiré un avenir qu’elle n’envisageait peut-être pas : « Bien que loin d’être bilingue, je peux parler et surtout comprendre le suédois alors ça pourrait être une possibilité pour moi de faire par exemple une partie de mes études en Suède. ». Mais partir à l’étranger peut aussi s’avérer rester seulement une expérience, ce qui est le cas pour Louise : « La qualité de vie à Stockholm est géniale et y travailler doit vraiment être agréable. J’ai regardé les postes et les stages en Suède mais je n’en ai pas vraiment trouvé qui me correspondaient. Je vais donc probablement revenir à Paris pour commencer ma carrière professionnelle ».

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Les premières conclusions

Le froid demande, certes, un temps d’adaptation, mais comme le dit Marie des Neiges : « c’est un pays qui peut paraître froid au premier abord ; il ne faut surtout pas se fier à ça et creuser plus loin. Quand je dis froid, je ne pense pas aux températures hivernales, mais à la timidité des suédois. Ils n’osent pas toujours faire le premier pas et c’est dommage car la plupart d’entre eux sont des personnes très intéressées et intéressantes ».

Pour Louise aussi, l’expérience se révèle très positive : « J’ai réalisé que c’était possible d’habiter dans un pays où on ne parle pas la langue, il suffit juste de maîtriser l’anglais. J’ai bien évidemment expérimenté la vie dans une nouvelle culture, comment s’adapter… et j’ai pu découvrir la culture suédoise en détails. Mais surtout, j’ai vraiment compris tout le sens de vivre dans un environnement multiculturel ; Il y a beaucoup d’étrangers à Stockholm et notamment à l’université où j’étudie. Au quotidien, j’ai dû apprendre à cohabiter et à travailler avec des gens venant des quatre coins du monde. Je comprends désormais mieux les cultures, et je suis beaucoup plus au fait des différences culturelles ».

Les étudiants français figurent parmi les privilégiés puisqu’en 2011, la Suède a élaboré des frais de scolarité pour les étudiants qui ne proviennent pas de l’Espace économique européen ou les pays qui n’ont pas de programmes d’échanges avec la Suède. En 2014, Erasmus a permis à 250 000 étudiants de l’Union Européenne de partir en Suède, alors, il ne vous reste plus qu’à régler les papiers avec votre banque, réaliser votre procuration pour les élections pour une année, vous approprier un manteau chaud et vous serez fin prêts à partir découvrir la Suède, ABBA, IKEA, H&M et y étudier bien sûr !

Armandine Castillon

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par Armandine Castillon Temps de lecture : 6 min
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