Suicide Squad était le film que tout le monde attendait en cet été 2016. Il nous était promis : les pires méchants de l’univers DC Comics réunis dans un même film. J’aurai aimé ne pas faire partie des journalistes qui ont détesté ce film, mais malheureusement les vilains n’ont pas été à la hauteur. 5 arguments pour vous faire une opinion.

#1 Un problème d’intrigue

La première question qu’on se pose en sortant de la projection est : qu’a vraiment voulu faire le réalisateur ? De base, le film est une transition entre Batman V Superman et Justice League. Suicide Squad commence d’ailleurs sur les problèmes soulevés par Superman. Plusieurs clins d’œil sont aussi faits à Batman qui est celui qui arrête Deadshot ou Harley Quinn. Le film se voulait fun et cool mais a complètement raté ce tournant. Si David Ayer avait voulu prendre le contre-pied de Zack Snyder en imposant l’humour de ses personnages, il aurait dû regarder Deadpool ! Le registre violent était aussi possible, à la Tarantino, mais ici on reste sur un entre deux qui laisse dubitatif. Le début de Suicide Squad, avec la présentation de tous les vilains est à sauver, mais ils sont porteurs d’un certain chaos et ça tourne mal quand on essaye de le discipliner. DC Comics, plutôt à la traîne comparé à Marvel, a voulu singer les Avengers, mais la confusion du scénario dessert le côté dramatique de l’histoire. On sait aussi que David Ayer et le studio ont fait du bricolage au montage et le problème réside sûrement là. Il faut toujours une ligne directrice claire pour que le spectateur comprenne un film.

#2 Une Suicide Squad bien gentille

Quand les vilains deviennent gentils il y a un problème, et ce, surtout dans un film qui était censé prôner tout le contraire. Les méchants étaient tous pourtant bien identifiables, ils avaient tous leur rôle, mais le problème c’est qu’ils manquaient d’épaisseur. Par exemple, le personnage du Capitaine Boomerang est réduit à son caractère de voleur de diamants. Slipknot, as de l’exfiltration et de l’assassinat, est lui quasiment invisible dans ce film. La multitude des membres de l’équipe est voulue, alors pourquoi l’exploiter si mal ? Deadshot, a une histoire un peu plus développé dû à son rôle de leader de cette Suicide Squad, mais cela ne le sert pas forcément. Le tueur à gages est en fait un père de famille qui aime sa fille. Si on avait voulu voir un gentil et héroïque Will Smith on aurait revu Hancock. Au final après un arrêt au bar pour recharger les batteries, les soi-disant vilains s’en vont sauver le monde et deviennent des héros, ou presque.

Suicide Squad vilains
La Suicide Squad au complet.

#3 Des vilains sans relief 

Commençons par l’Enchanteresse joué par Cara Delevingne. L’idée d’une double personnalité de base était bonne. On allait là plus loin qu’avec Harley Quinn qui souffre d’une bipolarité assez simple. La personne à contenir dans Suicide Squad c’était l’Enchanteresse, l’evil tween de la charmante June Moone. Laissez-moi vous dire que Cara Delevingne est bien plus convaincante en Moone qu’en Enchanteresse. Les scènes de transformation entre les deux personnages ne sont pas fameuses, mais le pire reste quand l’Enchanteresse devient une « super méchante ». D’ailleurs, elle peut dire merci à son frangin qui débarque au milieu du film sans prévenir. Plutôt bien foutu graphiquement, il ne sert qu’à aider sa sœur. À un moment la Suicide Squad doit combattre l’armée de l’Enchanteresse et un des membres se demande ce que c’est et bah nous aussi. Les soldats de la sorcière sont des créatures informes à la consistance incertaine. De la pierre de roche noire peut-être ? En tout cas les traînés noires qu’ils laissent ressemblent à du pétrole qu’on a déjà vu dans Hunger Games la révolte partie 2…

Suicide Squad vilains
L’Enchanteresse. Copyright 2016 Warner Bros. Entertainment Inc

4# Margot Robbie en Harley Quinn 

Comme il faut être objectif, il y a bien une chose qui nous a plu dans Suicide Squad : le personnage d’Harley Quinn. Au vu de la bande-annonce, je me suis demandé si Margot Robbie n’aurait qu’un rôle de potiche, mais que nenni ! Elle campe le seul personnage valable de cette Suicide Squad. Harley Quinn était originellement Harleen Quinzel, psychiatre de l’asile d’Arkham. Elle tombe ensuite amoureuse du Joker et ils deviennent un couple de vilains à la Bonnie & Clyde. Toutefois Harley n’est pas le faire valoir du Joker, il s’agirait même de l’inverse. Quand ce dernier la jette dans l’acide, il se sent obligé d’aller la récupérer. Cette scène est d’ailleurs l’une des meilleures du film. Dès qu’il apprend qu’elle est sortie de prison, il vient pour la secourir. Au delà de sa relation amoureuse, Harley Quinn en elle-même est tout bonnement délicieuse. Non ce n’est pas la taille de son short qui la rend géniale, mais plutôt son sens du décalage. Cette fille est complètement barrée et c’est bien la seule qui nous fait marrer !

Suicide Squad vilains
Margot Robbie en Harley Quinn.

5# La bande son

Pour finir sur une autre note positive, on a bien aimé la musique ! Suicide Squad est la meilleure bande son du moment à défaut du meilleur film de l’été. À chaque apparition d’un personnage correspond une musique. Plusieurs chansons très connues rythment parfaitement le film, du rock, de la pop, du rap, il y en a pour tous les goûts. On passe de The house of rising sun à Without me d’Eminem ou encore une reprise de Bohemian Rhapsody par Panic ! At The Disco. Le titre de Skrillex et Rick Ross, Purple Lamborghini est quant à lui un inédit qui a son clip vidéo dans lequel figure le Joker. On retrouve également le compositeur oscarisé de Gravity, Steven Price, à la bande-originale. Suicide Squad – The Album est même sorti en France le 5 août.

Suicide Squad : un vilain film ou un film de vilains ?

par Aliénor Perignon Temps de lecture : 4 min
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