Le tennis a toujours fonctionné par paire, par rivalité. Bjorn Borg et John McEnroe, Sampras et Agassi, Becker et Edberg, Federer et Nadal, Djokovic et Nadal, Federer et Djokovic. Le sport a toujours été comme ça. Une suprématie, un athlète qui rentre dans l’histoire, une passation de pouvoir puis tout recommence. Personne n’est intouchable, pas même Michael Phelps ne l’était. Le roi du tennis actuellement, c’est le serbe Novak Djokovic. Djokovic a enfin remporté le Grand Chelem qui lui manquait : Roland Garros, il a dominé, mais il n’a pas été le seul à réaliser une très belle saison. Titré au Queens, à Wimbledon, médaillé d’or aux JO, finale à Cincinnati. L’Anglais a su se hisser à la deuxième place du classement ATP, à 2.415 points de Djokovic. Pour quelles raisons Murray numéro un, c’est crédible ? 

Murray, dans l’ombre du big three 

Le Britannique incarne une vraie menace pour le Serbe. Andy Murray possède un potentiel identique à celui de Djokovic. Il est aussi polyvalent et sa force mentale lui fait pousser des ailes dans les moments les plus difficiles, lorsqu’il y a 2 sets à 0 par exemple. On peut même dire qu’il aime ça, le challenge. Murray fait partie de ces athlètes, comme Djokovic d’ailleurs, qui grandissent lorsque la pression est à son paroxysme. Murray est devenu numéro deux mondial. Murray s’est fait une place au soleil en grandissant peu à peu dans l’ombre de Nadal et Federer sans rien dire, de façon discrète. Il propose une toute autre vision du tennis et en étant même discret, on le voyait arriver évidemment. Cependant; il n’était pas au premier plan comme un Nadal, un Federer et Djokovic. 

Une rivalité qui n’en est pas une 

Pour moi, et même pour beaucoup, la rivalité Murray-Djokovic n’en est pas une à proprement parlé. Il s’agit plus d’une rivalité sur le papier, dans le classement lorsqu’on parle de points. Si on veut parler en chiffres, « Nole », c’est déjà plus de 200 semaines à la tête du tennis mondial et 100 semaines consécutives en tant que numéro un mondial. À l’heure où j’écris ces lignes, 2.415 points séparent Djokovic de Murray. Lorsque Djokovic perd (ce qui est devenu rare dans le métier), c’est évidemment tout bénef pour Murray. Comme ce fut le cas à Wimbledon où il est monté sur le trône, mais lors des affrontements directs, c’est Djokovic qui gagne, prenez l’exemple de Roland Garros. Le Serbe y a remporté son premier titre parisien ou encore Melbourne, « Djoko » y a soulevé son sixième titre. Alors, oui, vous allez me dire : « Rome 2016 » où un Andy Murray au top de sa forme a battu un Novak Djokovic complètement usé et vous savez quoi ? Cette défaite prouve bien mon point suivant, à savoir que tout dépend de Novak Djokovic.

Numéro un mais quand ?

La vraie question semble être : jusqu’où peut aller le Serbe qui est le roi du tennis mondial ? Je l’ai dit au début, depuis toujours, le tennis a été fait de rivalités, de changements, de remplacements et domination. Afin de se hisser sur le toit du monde, le Britannique devra attendre l’usure du Roi Djokovic, qui a bientôt 30 ans, devra se réinventer et voir s’il continue à être épargné par les blessures, ce qui n’a pas été le cas de Nadal ou Federer. Mais surtout, pour le Serbe,  ce qui pourrait entacher sa toute puissance sur le classement ATP, c’est son envie et sa motivation qui pourrait se faner avec le temps. Borg avait bien pris sa retraite à 26 ans, usé par le circuit. Novak Djokovic a encore beaucoup de choses à se prouver à lui-même et beaucoup d’autres records à battre. Murray devra donc attendre la décadence du roi serbe pour espérer porter la couronne de numéro un mondial.

Murray Numéro un
Murray et sa médaille d’or olympique | Getty Images

Tout se jouera dans les semaines à venir puisque l’Écossais peut finir la saison numéro un mondial. Murray devra s’imposer à Vienne, à Paris-Bercy et à Londres pour espérer finir l’année au sommet du classement.

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Murray, peut-il être numéro un ?

par Sonia Malek Temps de lecture : 3 min
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