Du 21 au 23 novembre 2017, le salon des maires et des collectivités locales prend place porte de Versailles. Dans ce cadre, la Fédération Française de cyclotourisme a tenu une conférence intitulée « Re(mettre) votre territoire à vélo, c’est possible ». Cette dernière, souhaitant faire la promotion de son label territoire vélo, a convié quelques représentants de collectivités territoriales l’ayant obtenu, à venir présenter leurs propres projets.

Des projets d’envergure

« Le maillage cycliste est très étoffé sur Belfort intramuros puisque nous avons trente-six kilomètres de pistes et de bandes cyclables sur l’ensemble de la ville » a affirmé Guy Corvec, conseiller municipal, chargé de la circulation et des transports, à la ville de Belfort. Bien que déjà très dense, ce maillage devrait encore être complété, et la municipalité envisage déjà de relier certains tronçons de voies existantes qui ne communiquent pas encore. L’ampleur des travaux implique comme l’a rappelé M Corvec des frais élevés. Par exemple, la réhabilitation de la rue reliant le Boulevard Anatole France et l’avenue des Sciences et de l’Industrie de Belfort, visant à conserver une continuité cyclable devrait coûter au total un million huit cent mille euros. Les financements sont, selon le conseiller municipal, en grande partie pris en charge par des entreprises telles qu’Alstom et General Electrics, par versements transports.

D’autres municipalités, comme celle de Troyes, sont allées beaucoup plus loin encore en créant des totems à travers la ville, qui informent les cyclistes des emplacements des sites patrimoniaux majeurs, mais également de leurs positions sur les voies de vélo. La mairie y organise également des sorties nocturnes à vélo, durant l’été, et ce, jusqu’au mois de septembre, et ouvertes à tous. Enfin, une application, « Troyes Tour » permet aux cyclistes de télécharger des circuits qui permettent de découvrir la ville sous un angle original. Cet engouement particulier autour du vélo, s’explique pour M José Goncalves, conseiller communautaire chargé des pistes cyclables et de l’accessibilité de la voirie, par le fait que « La ville de Troyes est une ville qui, historiquement, possède une culture du vélo, car il y avait beaucoup d’industries auparavant, et toutes ces personnes qui allaient travailler, y allaient à vélo ».

Faire adopter le vélo au plus grand nombre

Le Club Velocio Pernois, représenté lors de la conférence par son président, M Claude Martin, est une association qui se veut à but éducatif, ouverte à tous ceux qui souhaitent pratiquer le vélo. Elle dispose d’un plateau sportif, et d’un local, permettant d’organiser des ateliers. L’association revendique son approche originale : plus que de simples cours d’éducation routière, c’est une double approche à la fois théorique (apprendre à circuler en sécurité, différencier les panneaux de circulation…) mais surtout technique, avec un atelier d’entretien mécanique (apprendre à réparer son vélo, se débrouiller en cas de panne…) que celle-ci propose. Bien d’autres ateliers sont proposés dans cette association qui souhaite sensibiliser, et même faire adopter la pratique du vélo au plus grand nombre. La ville de Belfort a choisi, elle, de miser sur les écoles pour donner l’envie à ses habitants de pratiquer le vélo, en créant, par exemple, des abris pour vélo devant les établissements.

Les freins rencontrés

Comme l’a rappelé M Guy Corvec, malgré le fait que certains projets puissent être financés par versement transport, les fonds s’avèrent très souvent très compliqués à trouver, ce qui, selon lui, risque encore d’empirer avec la baisse des dotations de l’Etat, et la suppression de la taxe d’habitation prévue pour 2018. Tout ceci, s’ajoute selon lui à la nécessité d’un changement de mentalité, « Si nous prenons l’exemple des sites d’Alstom et General Electrics, les pistes cyclables arrivent jusqu’à côté d’eux mais pour autant les parkings sont toujours pleins […] Il faut le temps qu’un changement des mœurs se fasse en France ».

Les potentialités du vélo

Si le développement des déplacements en vélo se heurte parfois à des réalités d’ordre économique, ou encore à la concurrence des autres moyens de transport, il n’en reste qu’il demeure un moyen de transport aux nombreux avantages. Outre l’aspect écologique, et sportif il pourrait devenir un véritable enjeu économique, comme l’a précisé M Alberic Marville, chargé de mission tourisme pour la ville de Troyes : « Un touriste à vélo dépense en moyenne soixante-quinze euros, ce qui est bien plus qu’un touriste classique […] Un véritable tourisme d’itinérance se développe ce qui nécessite un réel retour sur investissement ».

Sarah Ramzi

Re (mettre) un territoire à vélo, est-ce possible?

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