4 séries et 5 saisons pour amorcer cette réunion. Avec The Defenders, Netflix copie le fonctionnement de Marvel Studios pour faire SON moment épique. Malheureusement, le projet n’a pas l’air d’avoir eu le scénario et le traitement à la hauteur des ambitions.

Comme un début de blague

The Defenders se devait de faire cohabiter 4 héros un peu séparés les uns des autres et de donner une synergie à ce petit groupe pour faire vivre cette petite série événement (8 épisodes en tout). Dans les faits, il faut déjà 3 épisodes pour lancer réellement l’histoire et avoir enfin un premier moment de bravoure. Seul problème : ce sera réellement le seul de la série. Là où il y avait moyen de faire se fracasser les différents mondes des héros (un avocat aveugle, une détective privée alcoolique, un ancien taulard noir et un riche héritier blanc quand même), on devra se contenter d’un bref moment d’antagonisme entre Iron Fist et Luke Cage. Et c’est le gros problème de la série : elle avance sur des rails automatiques. Certaines situations sont forcées pour faire avancer l’histoire qui en plus ne fait rien de nouveau. En gros, nos 4 héros combattent la Main, où l’on découvre complètement qui se cache derrière, et où l’on découvre que certains sont déjà connus.

The Defenders, les Avengers du pauvre

Le constat est cruel, mais il commence à se poser là avec cette envie d’univers partagé : certaines situations auraient nécessité l’intervention des Avengers de façon certaine. Un tremblement de terre à New York non expliqué, ça aurait sûrement attiré l’attention de Spiderman ou d’Iron Man. Aucun spoil, mais un dialogue de Danny Rand (Iron Fist) à son amie face à l’adversité était une perche phénoménale pour donner une apparition ou ne serait-ce que mentionner Tony Stark. Ne pas le faire alors que le spectateur y pense forcément, c’est donner un trou béant à ce « pseudo » univers partagé. La comparaison n’aurait pas lieu d’être entre le film et la série, mais les similarités des ambitions, du scénario et du lieu de l’action (New-York) y forcent. Pour faire court, nos 4 héros se croisent autour d’une seule et même enquête qui implique la Main. Ils décident de s’allier pour arrêter les projets de l’organisation criminelle, qui veut à tout prix obtenir de quoi maintenir sa position de force. Et cela même si ils doivent détruire la ville de New-York. Mais si ça ne tenait qu’à ça… Alors que la connexion entre les héros commençait à prendre forme de façon cohérente et satisfaisante dans les autres séries, on a ici un scénario qui force pour faire rentrer Luke Cage et Jessica Jones dans l’histoire. Si les premiers épisodes prennent (trop) leur temps pour amorcer un liant, il se désagrège par la suite et ne semble pas tenir ses ambitions pour tomber dans une certaine facilité.

Une réalisation peu inventive

Où sont passés les moments de bravoure de Daredevil ? Les plans soulignant la puissance de Cage ? On avait vu la réalisation nullissime d’Iron Fist, Defenders est dans cette droite lignée. On a souvent l’impression que les réalisateurs ne savent pas comment mettre en scène l’action avec 4 héros à suivre au même moment. Les transitions sont brouillonnes, aucun plan ne ressort, tout se déroule sur des rails. La bataille finale est mal chorégraphiée, c’est brouillon, ce n’est pas à la hauteur de ce qu’ils ont pu montrer auparavant. Bien que The Defenders amène une conclusion au cycle de chaque héros de façon correcte (on attend avec envie et crainte ce qu’ils vont amener avec la saison 2 d’Iron Fist), on reste déçu, dans la globalité, par un scénario pas à la hauteur de la réunion et d’une réalisation à minima qui se contente d’un seul moment de bravoure (mais spoilé à moitié par la bande-annonce).

The Defenders : Quand la série événement de Netflix déçoit…

par Christophe Lalevee Temps de lecture : 3 min
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