Porté par une grande Frances McDormand, Three Billboards : les Panneaux de la vengeance est un modèle de film de genre. Le mélange entre tragique et comique fait mouche pour dénoncer l’absurdité de la violence.

Quand une mère déterminée décide d’installer des affiches pour réclamer justice à la police pour le meurtre et le viol de sa fille, la communauté d’Ebbing, petite ville du Missouri, Etat du centre des Etats-Unis tremble. C’est justement la justice qui est au cœur du nouveau film de Martin McDonagh. Elle prend plusieurs formes et est incarnée par différents personnages, mais est toujours liée à une violence dont nul ne peut se défaire.

A history of violence

C’est là que les Panneaux de la violence puisent leur force en faisant de la violence le seul moyen d’expression pour les protagonistes. Cette violence omniprésente, à commencer par celui du crime commis envers la fille de Mildred Hayes (Frances McDormand), ne cessera de prendre de l’ampleur tout au long du film, se faisant à la fois dramatique, mais pouvant virer à l’absurde. De plus, l’humour noir permanent qui dédramatise l’enjeu grâce à des répliques magnifiées par un casting impeccable, avec à leur tête, McDormand et Sam Rockwell tous deux récompensés par un Golden Globes il y a quelques jours. Il incarne un officier de police, Dixon aussi bête que raciste, et adjoint du Chef Willoughby joué par Woody Harrelsson. Sa stupidité fait le lit du cycle de violence entamée par la pose des panneaux accusateurs et relayée par les médias. Cet événement brise la tranquillité de la petite communauté d’Ebbing obligeant chacun à faire appliquer sa conception de la justice.

Photo by Merrick Morton – © 2017 Twentieth Century Fox Film

Les Panneaux de la dénonciation

Le film dénonce le recours à la violence qui s’impose comme le seul moyen de se faire entendre et de communiquer pour des personnages imparfaits. La mise en scène de leurs failles, notamment par des flash-backs leur donne une humanité qui tranche avec ce qui paraît faire leur force. Ainsi, la sérénité du Chef Willoughby, la dangereuse imbécilité de Dixon et la ténacité de Hayes sont remises en question au fur et à mesure que l’histoire avance. La volonté de faire appliquer la justice perdure, mais prend des formes inattendues alors que la violence se fait moins gratuite. L’évolution touche aussi les personnages qui surprennent les spectateurs, notamment dans la dernière scène, ouverte, qui donne un goût doux-amer au spectateur. Cette subtilité fait des Panneaux de la vengeance un film maîtrisé qui donne une leçon sur les conceptions de la justice et les dégâts d’une violence aveugle.

Maxime Crinon

3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance : le cocktail explosif…

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