On se demande tous ce qu’il se passera une fois qu’on aura quitté l’université, notre zone de confort, lorsqu’on aura arrêté d’aller au plus simple pour enfin vivre ce dont on a toujours rêvé. L’inconnu peut être terrifiant et souvent nous révéler de nombreuses surprises : les meilleures comme les pires.

Pour ma part, l’inconnu m’en a appris beaucoup sur moi-même, m’a montré que j’étais capable de réaliser de grandes choses, d’être valorisée par des gens que je ne connaissais même pas. D’ailleurs, parlons franchement, la distance m’a révélé que les gens que je pensais être mes amis ne l’étaient pas forcément. On dit souvent « Loin des yeux, loin du coeur » et ce proverbe est complètement vrai. Évidemment, je ne parle pas de toutes les personnes que je connais sinon ma vie serait vraiment triste; mais cette distance nous apprend à valoriser ou à remettre en question toutes les amitiés qu’on croyait acquises et à découvrir que notre destin est peut être ailleurs. Le mien se trouve en Espagne.

L’année dernière, je suis partie en Erasmus. J’ai donc quitté l’Université parisienne que je connaissais si bien: son administration, son odeur de paninis, ses révolutionnaires de gauche, son système de notes… Cependant même en Erasmus, j’ai toujours accroché à ce système universitaire français.

Cette expérience m’a donné goût à la vie espagnole et je suis maintenant persuadée que ma carrière se fera là-bas. Alors je vous voir venir avec la crise. Oui, la crise est énorme et je peux la sentir, mais le journalisme sportif est un métier en plein essor.

Cette année, tout change, je rentre dans une nouvelle université: L’Université Europa Madrileña – Real Madrid. Le master que j’ai choisi appartient à l’école universitaire du Real Madrid, école dépendant de l’Universidad Europa Madrileña – Real Madrid.

Je vais y étudier la communication et le journalisme sportif – en VO: « Comunicación y periodismo deportivo » – et serai formée par les meilleurs professionnels, selon la brochure. Vous ne me croiriez sans doute pas si je vous énumérais les noms célèbres qui y figurent…

« Real Madrid », oui, comme le club… Cela fait rêver et j’ai vraiment l’impression que je vais être excellemment formée à la carrière qui me fait tant rêver.

Oui, c’est une université privée. Je n’ai jamais été habituée aux écoles privées. Je n’y suis jamais allée, et je ne suis pas pour autant de ceux qui pensent que les écoles privées valent mieux que les écoles publiques. Je suis allée dans des écoles près de chez moi, notamment dans un lycée ZEP (Zone d’Education Prioritaire).

Selon mes parents et moi, ce n’est pas l’école qui fait les enfants mais ce sont les enfants qui font l’école. En d’autres termes, si tu ne travailles pas même dans le meilleur des lycées, tu ne réussiras pas. Et puis, ce lycée, ZEP ou pas avait de très bons professeurs, parfois meilleurs que dans les autres lycées, même les plus prestigieux. La vérité, c’est qu’aujourd’hui, le lycée ZEP où je suis allée est mieux placé dans le classement des lycées de France que certains lycées pourtant très reconnus. Ce lycée m’a permis d’entrer à Paris 3, Sorbonne, dont le nom est lourdement connoté de prestige.  

Jamais, donc, dans ma scolarité je n’ai été confrontée à ce que j’ai pu rencontrer dans cette nouvelle université, et je suis sûre que je n’ai encore rien vu. Ne serait-ce que le campus: un véritable campus à l’américaine (je déteste cette comparaison, mais appelons un chat, un chat), des bâtiments immenses et bien tenus, une belle cafétéria, un lac…

On a tous connu les problèmes d’administration à l’Université. On attend des heures devant une porte qui ne veut désespérément pas s’ouvrir. On finit par s’asseoir par terre, puis sur un banc, en jouant avec son Smartphone. Quand une autre personne arrive, pour rencontrer la même personne que nous, on lui dit « Oui moi aussi j’attends depuis deux heures », de peur de la voir prendre notre place. D’autant plus que ça fait presque 1 heure qu’on attend devant une porte qui s’ouvre puis se ferme mais jamais pour soi.

Rien de tout cela dans ma nouvelle fac: j’ai découvert que ce système n’existait que chez nous à Paris. En y repensant, je souris parce que ça fait partie des choses qu’on aime détester, mais qu’on se remémore avec une certaine tendresse passé quelques mois, voire quelques années. 

Je préfère de loin le système madrilène: lorsque vous souhaitez voir une certaine personne pour lui donner un papier, vous vous annoncez à l’accueil et la secrétaire, aimable, qui-plus-est. On vous demande votre nom et ce que vous étudiez, et on vous laisse patienter sur un sofa très confortable. La personne que vous attendez arrive au bout de 5 minutes, l’affaire est donc réglées en un quart d’heure en tout et pour tout. Dingue, n’est-ce-pas?

Seul l’avenir nous dira s’il y a un métier à la clé, mais je sais déjà que j’ai toutes les cartes et tous les atouts en main pour y parvenir.

Sonia étudiante à l’Université Europa Madrileña –…

par Sonia Malek Temps de lecture : 4 min
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