À la fois vulgaire et poétique, drôle et cinglant, digressif et truculent, Je vais m’y mettre est le premier roman de Florent Oiseau : un chapelet de notions dérangeantes décuplées à outrance qui bousculent les moralisations et s’affranchissent des clichés sociétaux ridicules. Oiseau a résolument fait son nid dans la littérature. (Allary)

Je vais m'y mettre Florent Oiseau
Je vais m’y mettre, Florent Oiseau, Allary, 25 août 2016, 17,90€

« Je vais m’y mettre », oui oui.

Soutenir le Ku Klux Klan pour faire chier sa psy, se droguer pour faire chier sa mère, ou simplement vivre pour faire chier le monde entier –  le premier roman de Florent Oiseau est à l’image de l’époque qu’il décrit : cynique, acerbe, chaotique, et profondément déroutant. Drôle aussi, impunément.

Fred, la petite quarantaine, surfe sur l’écume des jours. Après des années à enchaîner jobs alimentaires et périodes de chômage, il a renoncé à faire carrière. Il passe désormais ses journées à dormir, à manger des Knacki, à se palucher devant les émissions de Sophie Davant et à boire des demis au bistrot du coin en attendant l’amour – et en regrettant son ex complètement perchée.

Jusqu’au moment où il découvre qu’il arrive en fin de droits. Il n’a plus le choix : il doit s’y mettre. Un emploi salarié ? Il n’en trouvera pas. Mais des ennuis, oui. Fred, par paresse ou naïveté, a une fâcheuse tendance à se laisser glisser dans les embrouilles… De Paris à Malaga, Je vais m’y mettre nous embarque pour une série d’aventures drolatiques en compagnie d’un personnage aussi attachant que désabusé. Une comédie d’aujourd’hui où, derrière les éclats de rire, se dessine le devenir de la génération précaire.

Florent Oiseau fait son nid

Il faut dire que Fred est le roi de la procrastination : on aurait pu trouver pire, remarquer. Après tout, il ne met que la moitié du roman à se dire qu’il va « s’y mettre », et il finit par le faire. Ce qui passe pour un ressort comique assez efficace est surtout un parfait truchement littéraire qui, sous couvert d’une figure stylistique, permet de dresser le contexte attachant du personnage désinvolte, branleur professionnel, de son ex un peu timbrée, d’une société chaotique et compétitive, prompte au jugement. Curieusement, il recentre le roman autour de valeurs humaines – la solidarité, l’entraide – mais s’affranchit des codes moralisateurs du genre en versant à mi-chemin dans un roman d’aventures grinçant sur fond de proxénétisme décomplexé. Un roman très drôle qui pousse à la réflexion sur les valeurs que l’on chérit, sur les ressorts de l’amitié, de la famille et de l’amour. 

Découvrez ci-dessous les premières page du roman
Je vais m’y mettre de Florent Oiseau

 

On a lu pour vous : Je vais m’y mettre, de Florent Oiseau

par Lolita Savaroc Temps de lecture : 2 min
0