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OBAMA, pour le meilleur et pour le pire ?

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Ces dernières semaines, la politique de l’éducation outre-atlantique fait frissonner le Congrès après une importante annonce du président américain le 8 janvier dernier. En effet, Barack Obama souhaite rendre l’enseignement supérieur plus accessible au jeunes américains, mais des conséquences seront au rendez-vous. Décryptage du #SourireCrispé d’Obama.

Barack Obama souhaite rendre l’enseignement supérieur facile d’accès à la classe moyenne américaine, mais des contrecoups seront au rendez-vous pour la jeune population aisée. Le président démocrate devra se battre bec et ongles pour rendre gratuites les deu premières années du « Community College », car les conséquences budgétaires et sociales seront lourdes. Le président, armé de son costume impeccable et de son sourire éclatant, a eu l’opportunité de réitérer sa volonté d’accorder une meilleure éducation universitaire aux moins riches durant l’incontournable State of The Nation. Pour info, il s’agit d’un long discours préparé et ficelé des mois à l’avance, où Obama fixe le cadre de la politique américaine pour l’année à venir et parlemente sur les sujets ambiants, tant au niveau national qu’international.

Une « Promesse d’université pour l’Amérique »

Avec cette proposition de loi ambitieuse changeant la donne pour plusieurs millions de jeunes américains, Obama cible un parcours scolaire particulier, car au Etats-Unis, il existe des universités dites « communautaires ». Ce système ressemble aux BTS français, et les facultés qui offrent cette éducation sont majoritairement fréquentées par la population locale. Les universités communautaires permettent en fait d’accéder rapidement à une bonne formation professionnelle, sans se ruiner dans un cursus classique long et très onéreux. Certains étudiants les utilisent aussi comme un marche-pied vers des études plus longues. Entièrement publiques, elles fournissent un diplôme aux étudiants en deux ans, contre quatre dans un cursus universitaire classique.

Cadeau empoisonné d’Obama ?

Mais alors pourquoi le débat fait-il controverse? #CestLaQuestion. La raison primaire est celle de la gué-guerre politico-égocentrique continuelle qui existe entre les Anes et les Eléphants (le parti Démocrate vs le parti Républicain). Les médias américains y jouent un rôle important et relatent des informations souvent superficielles allant à contre courant des idées novatrices d’Obama et de son administration. Mais le noeud dans cette histoire résulte surtout avec la réception de ce projet, favorable ou non par les américains. Les avis sont fortement partagés, et c’est bien normal. Car ces « Community College » sont généralement financés par les impôts locaux et les caisses fédérales. Cela signifie tout simplement qu’il y aura des contreparties et des hausses d’impôts creusant encore davantage le fossé inégalitaire présent aux Etats-Unis.

Un dilemme social et budgétaire

En fait, Obama va proposer à l’étudiant lambda issu d’une classe plutôt aisée de payer ses études à l’université considérablement plus cher (pour plus de 2 millions d’étudiants) histoire d’amoindrir le fardeau économique pour plus de 8 millions de familles à faible revenu. Une hausse des impôts locaux et pour les plus aisés est attendue et contestée. Cette hausse est aussi accompagnée d’une augmentation des frais universitaires dans certains établissements, ce qui entraîne une majoration des prix annuels (pour contrer l’élévation des prélèvements fiscaux de l’Etat de plus en plus élevés) #EffetDomino. La pilule aura beaucoup de mal à passer au Congrès américain où cette proposition de loi sera débattue prochainement. Enfin, ce projet qui porte une étiquette frôlant les 60 milliards de dollars (75% venant des caisses des collectivités locales et fédérales, et 25% de l’état central venant de Washington) et étalé sur 10 ans, imposerait d’importants sacrifices et la majorité républicaine du Capitol Hill l’a bien entendue.

« I love you back ! »

Avec un cumul de près de 4 millions de vues, le grand John Oliver dénonce ici les recours douteux et alarmants de certaines universités américaines et du gouvernent. Tout en gardant un trait d’humeur, il arrive à piquer là où ça fait mal en jonglant avec vérités et critiques.

« Ben Laden est mort et General Motors est vivant »

On ne peut pas critiquer M. Obama pour son optimisme et son regain de réactivité après des mois de flou sur le sujet, mais on en retient surtout une décision bâclée qui entraînerait un gros coup de pioche dans le fossé qui sépare les riches et les moins riches. Rappelons juste que la ligne de mire que suit Obama depuis 2009 est celle de l’égalité et de la stabilité économique et budgétaire du pays. Mais Obama c’est aussi l’homme qui a su normaliser le mariage pour tous – 36 états américains l’autorisent en 2015 – (#LoveIsLove), le démocrate qui a créé une couverture santé pour plus de 9 millions d’américains (#AffordableCareAct), et le président qui a tué Ben Laden (#WarOnTerror) avant de faire revenir les troupes militaires déployées depuis 2001 sur le sol étasunien.

Un pas en avant, deux pas en arrière

Cette « Promesse d’université pour l’Amérique » semble être une bonne manoeuvre pour remédier à la dette étudiante qui dépasse le trillion de dollars (oui, ça fait beaucoup de 0) et un coût de l’enseignement supérieur qui a augmenté de 440 % outre-Atlantique en seulement 25 ans. Alors, même si c’est un projet qui a peu de chance de voir le jour, le débat qu’il soulève semble être nécessaire et justifié. Barack Obama se détache désormais de ses amis les démocrates trop frileux et s’oppose frontalement aux républicains.

On reste sur notre faim

Aux dernières nouvelles, le mardi 27 janvier au soir, la Maison Blanche annonçait – avec discrétion – l’abandon d’un autre projet sur le monde de l’éducation. Le président Obama a ainsi laissé tomber son plan de hausse d’impôt sur les épargnes étudiantes connues sous le nom « 529 plans ». Ce dispositif permet un allégement fiscal pour une partie de la population américaine qui économise dès leur plus jeune âge pour s’offrir un futur stable. Tout ça pour aucun changement et beaucoup de vent brassé. Persévérance et cohésion sont les maîtres mots (maux pour certains). On conseille donc au Président de foncer pour ses décisions futures, mais d’avancer tout droit.

Tous ces épisodes politiques feraient une très bonne série américaine avec un savoureux mélange de Scandal, Community et House of Cards. Hélas, il ne s’agit pas d’une fiction mais bien d’une réalité états-unienne actuelle.

MISE A JOUR DE L’ARTICLE – 13 mars 2015

Intervention du Président américain, Barack Obama, sur le talk-show de Jimmy Kimmel où le démocrate évoque les nouveautés en matière d’études universitaires. Il y évoque aussi un possible « Bill of Right » pour les étudiants !

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