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Transmilenio de Bogotá : le RER va vous manquer

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Après mon empañada matinale, je file en cours avec un bus en accordéon rouge pétard. Un enchantement quotidien : toujours bondé, un passage toutes les 20 minutes, des routes comme à Gaza. 50 centimes d’euros, le trajet paradisiaque. Né en 1999, il est considéré comme un panacée pour l’Amérique Latine, mais comme un cache-misère pour Bogotà. Cette grande dame est dix fois plus grande que Paris et compte deux fois plus d’habitants. Alors, qu’est-ce qu’on attend pour le métro ?

Une opinion publique partagée

Les vendeurs de rue voient passer cahin-chaos ces bus magiques rouges. Les commerçants s’opposent farouchement à la construction d’un tramway ou d’un métro : la mort annoncée des commerces de proximité. Ils s’indignent du prix du chantier et du détournement de fonds de 2003. Le budget prévu pour la construction du métro a fini dans la poche de hauts-fonctionnaires. Résultat : huit ans de retard dans les travaux et seule un quart de la ville actuellement desservie.

Mon colocataire colombien l’évoque en levant les yeux au ciel. Une vraie lapalissade de gringa. « Ce serait un chantier énorme. S’ils commencent les travaux grâce au maire de gauche, Gustavo Petro, cela va prendre une éternité, au moins cinq ans. C’est déjà mieux que rien : avant, les bus privés étaient à deux kilomètres heures aux heures de pointe ».

Une situation quotidienne intenable pour ses usagers

Pour monter dans le Transmilenio, les utilisateurs ne font pas la queue, ils ne laissent personne sortir avant de monter. C’est la jungle, en vrai. Des jeunes, des vieux sont entassés, le regard morne attendant avec patience d’arriver à destination. Deux millions d’utilisateurs par jour, c’est le double du RER A.

Ecrasée sous l’aisselle de son voisin, une infirmière lit le gratuit Metro News. Elle épluche une enquête sur l’écologie. Le bus engendre une réduction de moitié du CO2, on le sent d’autant plus à 2600 mètres.

Un employé porte son sac à dos contre lui. Ici, on se méfie de tout le monde. Lorsque nous atteignons la station Jímenez, le Châtelet local, des policiers veillent au grain. Ils renseignent les voyageurs, égarés dans le méli-mélo des correspondances. Ils vérifient aussi que personne ne grimpe sauvagement.

Sur le fronton de chaque bus, on affiche : « Nous ne les oublions pas ». On n’oublie pas les victimes des FARC. Les habitants de Ciudad Bolivar, quartier en terre battue, n’ont pas le droit à la piqure de rappel, ni au Transmilenio.

Le transmilenio : une solution temporaire

Une solution publique, écologique et peu coûteuse : voilà le bilan. Chaque matin, je me dis que cette solution est insuffisante. L’essence rentre par épais nuages et asphyxie les usagers. Nathalie Koscusko Morizet rêvait lors de la dernière campagne pour la mairie de Paris, d’un transport en commun « lieu de charme » et Bogotá en est encore loin. Le soir, je prends un bus privé : pas envie de m’asseoir par terre.

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