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Chats et café : le Japon s’importe à Paris

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Chats et café
7 min de lecture

Concept exporté des Neko Cat japonais, le Café des Chats est le premier salon de thé du genre en France. Ouvert depuis le 21 septembre 2013 et installé au quartier tendance du marais, au 3e arrondissement de Paris, l’attractivité du lieu le doit à la curiosité des citadins, l’amour des félins et l’exploitation d’un concept peu commun …

Un concept importé du Japon

« La BBC, New-York, l’Italie a parlé de nous », s’étonne encore Margot tout sourire, serveuse, la chemise en jean bleu foncé et le slim noir bien serré. Rien ne laissait présager qu’importer un Neko Cat (Café des Chats), concept japonais qui consiste à manger et boire dans un lieu cosy en compagnie de chats suffisait allègrement pour attirer la presse internationale. Et pourtant, l’engouement est tel que pour s’assurer de pouvoir rentrer dans ce salon de thé, il est « très fortement recommandé de réserver une semaine à l’avance ».

Situé dans une rue assez discrète, on repère assez rapidement le café par l’observation de certains riverains naïfs qui s’arrêtent pour tapoter une partie visible du vitrage ou se prélassent des chats feignant l’indifférence. Le succès est tel qu’un deuxième café a ouvert ses portes début septembre 2014, non loin de Bastille.

Montrer patte blanche

La première porte ouverte, on découvre avec surprise une salle d’accueil chargée de vérifier les réservations. Deux petits enfants discutent des chats en pointant du doigt une carte avec des photos de chats « Habby n’est pas trop venue vers moi aujourd’hui, mais elle est trop gentille ». Avant d’entrer réellement dans la fameuse tanière des félins, une solution hydro-alcoolique est une invitation obligée afin d’éviter « la transmission des germes ».

Une fois les portes poussées, un silence grandiloquent aménage l’espace du salon de thé à deux niveaux. Nous découvrons des tables en bois aménagées de sorte à exploiter au mieux l’espace pour accueillir le plus de clients. Chacune d’entre elles porte le nom d’un félin (Puma, Lynx, etc.) mentionné dans une petite plaque rectangulaire de bois sur la table.

Les clients sont tranquillement installés dans une ambiance feutrée. Des hommes, beaucoup de femmes, des touristes avec leurs enfants qui dérangent les chats qui dorment. « Ces chats ont été adoptés, ils ont été choisis pour leur sociabilité » informe Clément, grand serveur au sourire affable, « il faut savoir que les chats dorment plus de seize heures par jour donc ils ne sont pas tous actifs au même moment ». Des touristes lisent une carte de chats pour découvrir les pensionnaires avec photo, nom, date de naissance et petite bio de cinq lignes pour se familiariser avec les chats. Ces derniers ont connu une histoire difficile, l’abandon, la violence, et d’autres ont manqué à un souffle de se faire euthanasier.

Le chat comme attrape-nigaud

Si beaucoup de clients viennent ici par curiosité, d’autres y sont venus pour d’autres raisons. C’est le cas de Cécilia, étudiante brésilienne en histoire de l’art à Nottingham, de passage à Paris « j’ai entendu parler de ce lieu grâce à des sites touristiques sur internet » confie-t-elle avant de poursuivre en sirotant avec une certaine mélancolie son thé « je suis venue ici, car mon chat, Chérie, me manque beaucoup… », elle poursuit, « les chats ont l’air plutôt heureux ici car leurs oreilles sont normales et leur queue est détendue, relâchée. On se sent bien en leur compagnie ». Pour repérer un chat malheureux ? « S’il a les oreilles basses, un caractère agressif, les poils hérissés et la queue rigide, il vaut mieux le laisser tranquille » dit-elle en regardant les chats qui dorment.

Ici, les chats sont toisés avec une certaine candeur. Ils détiennent tous un pouvoir d’attraction qui ferait pâlir Hugh Hefner et ses playmates vénales en plastique. Une chatte captive apparaît. Deux jeunes enfants la suivent, elle a une démarche lente, anormalement gracieuse, et semble agacée. Elle s’installe près de la seule fenêtre ouverte avec un grillage et une sono qui diffuse un son léger qui semble lui apporter un peu de répit. Elle contemple le ciel évanescent. Son corps tout entier est tourné vers cette seule fenêtre ouverte qui ne manque pas d’exhumer en elle ses instincts sauvages les plus fugaces.

Rapidement, la carte des chats fait office de Pokédex et l’identité de la fugitive est aussitôt révélée : « Habby, née le 16 octobre 2011, aucune certitude, mais elle a sans doute vécu un passé difficile. Dans la chatterie, tout le monde trouvait sa bouille adorable et rigolote, mais personne pour l’adopter… Elle aime le calme, la sérénité et les courgettes ». Ce n’est vraiment pas une blague, jugez plutôt…

Habby est venue se poser sur les cuisses d’Eliot, grand gaillard aux cheveux châtains ébouriffés à la barbe de trois jours. Son secret pour attirer les chattes ? « Je pense qu’elle est venue parce qu’elle a reconnu l’odeur féline de mon chat Jojo ». Désormais, il est au centre des attentions « il faut reconnaître que le lieu est calme, les gens ont l’air de s’adapter au rythme des chats pour ne pas les déranger », il caresse la chatte tendrement avec ses deux grandes mains et poursuit « par contre, quand tu pars et qu’un chat s’est attaché à toi, tu te sentirais presque responsable du chat en le laissant malgré tout le temps passé avec. Je n’ai jamais vu autant de personnes dégainer leurs smartphones dans un salon de thé » fait-il remarquer sobrement.

Les chats, c’est vraiment des branleurs…

D’autres y viennent dans une autre optique, « ils prennent le lieu comme un centre aéré pour leurs enfants, parfois, c’est agaçant » lâche Margot, « il y en a qui payent une conso et qui réclament l’attention du chat pour exploiter le concept » au grand dam des serveurs qui doivent calmer les ardeurs des plus têtus, ce qui leur vaut quelques retours négatifs « sur TripAdvisor, on se fait défoncer ! ».

De nombreuses critiques se sont élevées envers ce lieu. Parmi les plus sévères, le fait que les chats seraient mis à la disposition des clients, ce qui s’apparenterait à une forme de « proxénétisme affectif ». Une exploitation odieuse qui porte à croire que les chats seraient des salariés comme les autres avec leurs turpitudes.

Si les serveurs assurent que « les chats sont les maîtres des lieux », ces derniers sont, en vérité, à la merci des clients qui réclament leur attention sous prétexte d’avoir payé une consommation. Qui oserait perturber le sommeil d’un maître ou pire lui tirer sa queue ? Malgré cela, les clients s’adaptent à la quiétude du lieu et au rythme d’activité des chats. Ainsi, il n’est pas rare d’observer un silence léger, sur un fond de notes musicales lounge, qui garantissent une pause détendue au bon vouloir des chats qui vous choisissent afin de vous transmettre leur pouvoir d’attraction… et leurs poils.

Les chats dorment beaucoup trop, c’est ce qui expliquerait pourquoi ils n’ont pas pu se constituer en un corps syndical pour lutter en faveur de leurs libertés individuelles. Que deviendront les chats de ce café, une fois qu’ils auront passé l’âge d’être beaux et souples ? Toucheront-ils une retraite avec du pâté Sheba à côté d’Eva Langoria ? Finiront-ils dans des nems ou dans une machine à laver ? Seule la SPA et le C.C.C (le comité contre les chats) le sauront.

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