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Anaïs petit croque les grands, entre imitation et cabaret

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ANAÏS PETIT CROQUE LES GRANDS
4 min de lecture

Imitatrice et caricaturiste, Anaïs Petit joue actuellement son spectacle « Anaïs Petit croque les grands » tous les samedis à 19h au théâtre BO Saint-Martin jusqu’à fin mars.

Anaïs Petit, une imitatrice montante

Dans le monde difficile de l’imitation, rares sont les imitatrices jouant régulièrement sur la scène française. Pour preuve, en connaissez-vous ? Liane Foly ? Vous saviez vraiment qu’elle faisait des imitations outre sa carrière de chanteuse ? Veronic DiCaire ? Plutôt dans les pas d’André-Pierre Gagnon, une carrière internationale. Sandrine Alexi ? Elle est la seule imitatrice aux Guignols et cette prison dorée lui convient parfaitement. Anaïs Petit, elle, se fait une place à mi-chemin entre le cabaret et l’imitation.

La présentation de son spectacle donne le ton : « Quelle voie choisir quand on a le sourire de Charlotte Gainsbourg, la poitrine de Jane Birkin et la taille de Mimie Mathy ? » Anaïs y répond, « l’imitation évidemment ! ». Aperçue aux côtés de Marc-Antoine Le Bret sur Europe 1 ou encore sur le canapé rouge de Michel Drucker, Anaïs Petit est une artiste aux multiples qualités, de chant, de musicienne, d’humoriste, et bien entendu d’imitatrice. Tout ce qu’il faut pour s’attaquer aux grands. Ça tombe bien, car Anaïs s’en donne à cœur joie dans son spectacle.

Une mise en scène intéressante

Le spectacle est articulé autour de grands noms de la chanson (Cœur de Pirate, Vanessa Paradis, Carla Bruni…), du cinéma (Sophie Marceau, Catherine Frot, Fanny Ardant…) mais aussi de la politique (Marine Le Pen, Roselyne Bachelot…). Dans l’ensemble, le ton est juste, l’ironie maîtrisée et la caricature efficace. Anaïs bouge beaucoup, occupe bien l’espace de la scène, passe d’une mimique à une autre avec beaucoup de facilité.

L’artiste n’hésite pas notamment à utiliser son piano pour nous interpréter quelques chansons revues et corrigées avec humour. Elle vit alors ses personnages avec un naturel et une aisance maîtrisée. Beaucoup de séquences musicales sont proches d’une ambiance cabaret : Véronique Sanson parodie ainsi « Le Paradis Blanc » de Michel Berger en « Je m’en irais dormir avec un verre de blanc » ou encore Carla Bruni qui nous interprète une nouvelle version de « Quelqu’un m’a dit » avec des paroles inédites : « J’vous ai pas dit, je veux dans mon lit un homme fort, je n’acceptais Sarkozy qu’avec ses gardes du corps, sécurité d’abord ! »

L’imitatrice n’hésite pas aussi à user d’accessoires pour renforcer l’effet caricatural de ses personnages. Fleur dans les cheveux et démarche chaloupée pour Brigitte Bardot, ou encore lunettes et élocution trainante pour Vincent Delerm qui apportent une petite touche d’originalité au spectacle.

Une personnalité attachante

Anaïs Petit dégage beaucoup de sympathie, elle est simple, accessible et attachante. Son univers est très tourné vers les grandes vedettes des années 80-90. Ce qui ne saurait déplaire à un public un peu plus mature qui comprendra pleinement toutes les références habilement placées tout au long du spectacle. Cependant, certaines imitations s’enchaînent parfois trop rapidement et on sent que l’artiste profite de quelques contextes pour placer des voix.

Même si l’on peut regretter l’absence de lien entre les sketchs au profit d’une mise en scène rythmée, nous comprenons qu’elle nous montre surtout les personnalités qui l’inspirent ou encore celles qui l’ont marquée. En effet, le spectacle contient également des hommages. Par exemple, un agréable duo grandeur nature (reproduit grâce à un écran) de Gainsbourg et Jane Birkin, où l’imitatrice réalise un duo interactif avec le chanteur culte, ou encore avec une reprise de « Mistral Gagnant » en hommage aux chanteurs et personnalités qui ont inspiré Anaïs.

En fin de spectacle, on apprécie tout particulièrement quand elle nous livre certaines réactions des personnalités imitées qu’elle a eu l’occasion de rencontrer. Cela aurait mérité d’être un peu plus long, tant cette partie en guise de conclusion colle parfaitement au titre du spectacle : Anaïs a-t-elle croqué les grands ? La réponse est affirmative, mais avec beaucoup de bienveillance.

Son parti-pris de caricaturiste tend à privilégier la mise en scène et l’aspect comique des personnages au détriment de l’imitation. Si l’on peut regretter certaines imitations (quelques imperfections dans les voix graves), la mise en scène et le capital sympathie de l’humoriste viennent gommer cela. L’imitation est un univers exigeant qui réclame une grande diversité dans les talents (chant, jeu et imitation). Anaïs Petit, en exerçant ces trois talents, est sans aucun doute la personnalité féminine montante dans l’imitation.

Tous les samedi à 19h au Théâtre BO Saint-Martin.

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