La rentrée littéraire a commencé mercredi chez Actes Sud avec la sortie du roman La Beauté des jours de Claudie Gallay. Une histoire profonde sur la magie de la vie, faite de moments uniques et de petits riens. L’auteure nous fait rencontrer Jeanne, une femme de 43 ans qui s’épanouit à travers un quotidien où les relations se nouent et se dénouent.

L’amour

La Beauté des jours est un roman sur les relations humaines. Jeanne n’est pas seule, une constellation de personnages l’accompagne. Il y a d’abord l’amour maternel pour ses jumelles Chloé et Elsa : « Jeanne les aimait énormément » (p13) ou encore « Jeanne les aimait. Elle les aimerait toujours. Quoi qu’elles fassent. Ce lien d’amour était indestructible » (P26). Ensuite il y a l’amour conjugal. Jeanne a un mari : Rémy, une vie bien rangée, mais tout est chamboulé quand elle revoit Martin, son amour de jeunesse. Claudie Gallay insinue le doute dans l’esprit de sa protagoniste. Jeanne suit un homme un jour, il lui demande conseil pour acheter des chaussures et finissent par se reconnaître. Cette rencontre fortuite, Jeanne y attache de l’importance : Elle a écrit dans son carnet : Suivre un homme, s’asseoir avec lui et prendre un thé alors qu’il pleut » (P120). De manière anodine, ils se revoient, visitent des ruines, vont au cinéma. Leur relation est platonique, mais le mari voit sa femme changer et la questionne : « Tu m’aimes encore ? Et lui qu’est-ce que tu lui trouves ? » (P232). Ils finissent par passer à l’amour brûlant, la passion charnelle : « Il a retiré sa robe. Elle a pensé à Rémy. Et puis plus rien. Elle l’a oublié » (P318). Je ne vous raconterai pas comment tout cela se termine. La romancière, néanmoins, questionne, avec le personnage de Martin, l’amour. Est-ce que nous sommes tous marqués à vie par notre premier amour ? Ferions nous comme Jeanne et replongerions nous dedans ?

La mort

La mort est une ombre bien présente dans le roman de Claudie Gallay. Elle plane avec la figure du frère aîné mort-né : « Toutes les années c’était comme ça, ce jour-là, on mettait une assiette pour le frère. […] Le frère, un enfant de sexe masculin, et qui aurait dû être l’aîné. Un mort-né » (P213). La M’mé elle semble avoir une approche beaucoup plus tranquille de la mort : « la M’mé voulait mourir, elle avait décidé que c’était l’heure » (P240). Au final, il nous est gentiment rappelé que la Mort fait ce qu’elle veut : « En dépit de ses intentions, la M’mé n’est pas morte, ni ce jour-là ni les suivants » (P244). L’idée que toute chose a une fin ne semble pas tabou non plus pour Jeanne qui au lieu de mentir à sa nièce comme le lui reproche sa sœur, confirme à la petite Zoé que oui elle aussi va mourir un jour. Son acceptation paisible permet de réfléchir à sa propre approche de la mort.

La vie réside dans La beauté des Jours

Jeanne, l’héroïne du livre La beauté des Jours aurait « voulu être différente. Elle aurait voulu être forte. Comme Abramović » (P283). L’artiste hante le livre, un fantôme auquel Jeanne va écrire 15 lettres. Cette relation épistolaire est à sens unique, mais elle bien présente, elle ponctue les pensées de cette femme de 43 ans de la 30e à la 308e page. Une artiste que Jeanne aura finalement la chance de rencontrer. Voir son idole ce n’est pas donné à tout le monde ! Jeanne semble se poser beaucoup de questions : « Une vie ne suffit pas. Jeanne aurait voulu en avoir plusieurs, pour vivre tous les choix qu’elle n’aura pas faits, toutes les directions qu’elle n’aura pas prises » (P328). Néanmoins, elle semble avoir trouvé un sens à sa vie. Voir naître son neveu, manger des Carambar avec sa meilleure amie… semble être un quotidien qui lui réussit bien. Que ce soit un monde plein de rebondissements, de surprises, où le calme d’une vie bien ordonnée, il suffit juste de savoir ce qui vous motive dans la vie.

Tous les mardis et vendredis, nos rédactrices de la rubrique littérature vous parlent d’un livre qu’elles ont aimé. Ne tardez plus, allez découvrir nos autres chroniques !

La beauté des jours : Claudie Gallay nous fait aimer la vie

par Aliénor Perignon Temps de lecture : 3 min
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