Il est sorti le 17 novembre, il fera le bonheur de tous les mélomanes : Dalida, un album signé Ibrahim Maalouf. Le jazzman nous fait redécouvrir l’univers tourbillonnant de la sublimissime Dalida dans un album qui porte son nom, et ses chansons. Le jazzman s’entoure de voix toutes plus délicieuses les unes que les autres pour nous offrir une sélection de pièces voluptueuses. D’Alain Souchon à Mélodie Gardot en passant par Izia, Thomas Dutronc et bien d’autres : un vrai bijou d’éclectisme !

Dalida : une déclaration d’amour

C’est un hommage bouleversant qu’Ibrahim Maalouf offre a Mademoiselle Bambino. Grand admirateur de chanson française, et vous l’aurez deviné… de Dalida ; c’est sans écorcher une seule de ses chansons qu’il parvient à leur redonner de l’éclat. Ce n’est d’ailleurs pas sans raison qu’il a rassemblé près de lui quelques-uns des plus grands artistes de la chanson française tels qu’Alain Souchon, Thomas Dutronc et Arno, pour ne citer qu’eux. L’album contient évidemment certains des plus célèbres succès de Dalida : Bambino, Paroles, Paroles, Laissez-moi danser. Interprétés avec une justesse émouvante, ces titres n’en deviennent que plus savoureux.

Qui a dit que la chanson française était démodée ? Sûrement pas Ibrahim Maalouf qui, talentueux comme il est, n’a pas pu résister au désir de montrer encore une fois son amour pour la musique, et pas n’importe laquelle : Dalida est une icône à laquelle il est audacieux de s’attaquer. Il avait déjà revisité La Javanaise avec Juliette Greco, et nous en étions sorti émus. C’est dire s’il sait ce que la belle musique est capable de faire dans nos cœurs.

 

Sa sensibilité harmonique est un cadeau du ciel pour un album qui a pour cœur l’amour et la vie. Dalida n’aurait pu rêver un plus bel hommage. Ni la délicatesse, ni la sensualité n’ont été entravées dans cet album, qui restitue parfaitement l’amour d’Ibrahim Maalouf pour la chanson française et les paroles profondes et soyeuses de ses artistes. Douze titres et douze voix : c’est ce qu’il faut à Ibrahim Maalouf pour faire s’embraser la flemme Dalida.

« Paroles, Paroles »

Pour interpréter les chansons de Dalida, il faut de la force, de la voix et de l’émotion : on peut dire que tous les critères sont donc remplis pour nous promettre un moment d’extase. La beauté des paroles – autrefois chantées par Dalida- ne fait que ressurgir plus intensément quand des artistes de qualité se les réapproprient. L’amour, la passion, la poésie et un brin de légèreté, tout simplement. La magie opère ensuite au contact de la musique et des arrangements éclectiques d’Ibrahim Maalouf.

Prononcées avec une sensualité exaltante, les Paroles de Dalida reprennent vie dans la bouche de Monica Bellucci et de Matthieu Chedid. Le duo résonne avec splendeur contre les accents cuivrés des musiciens. C’est une évidence : nous pouvons parler de perle rare avec cet album. Il dévoile deux univers musicaux qui fusionnent, ici, avec succès et singularité. 

Le jazz avant tout !

Heureusement, le son chaud et feutré de la trompette ne nous quitte pas d’un poil : ça reste la marque de fabrique du jazzman qu’on aime tellement. Cela ne l’empêche pas de nous ouvrir très timidement ses cordes vocales, c’est tendre, mais on lui préfère son ardeur instrumentale. L’album, avant d’être Dalida, c’est Ibrahim Maalouf, donc c’est le jazz, la musique orientale… et le monde ! On retrouve les sonorités mélancoliques et douces de la trompette parfaitement habillées par une guitare électrique en plein blues oriental. Entre vocalises subtiles et riffs rythmés et envoûtants, la musique d’Ibrahim Maalouf nous plonge dans une danse chaleureuse et aérienne. Le fait d’y associer des voix aux timbres différents, ajoute encore plus de diversité et de charme a cet album incroyable et surprenant. En effet, quand on entend Mélodie Gardot chanter en français une chanson de Dalida, J’attendrai, sur un rythme suspendu de bossa nova, on sent avec émerveillement notre échine frissonner de plaisir et d’émotion.

Grace à Ibrahim Maalouf, Dalida demeure inoubliable : c’est un vrai régal. 

Emma Zégarski

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par contributeurs Temps de lecture : 3 min
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