L’actualité cinéma se charge durant cet été 2017. On peut dire que son apogée est arrivée en ce 19 juillet 2017, où sortent en France le même jour deux films très attendus, tous les deux tournés par des britanniques: Dunkerque, de Christopher Nolan et Baby Driver d’Edgar Wright. C’est le second qui va nous intéresser ici, et il y a beaucoup de choses à dire sur le chef d’œuvre du papa de la trilogie Cornetto et de Scott Pilgrim.

Quand la musique est bonne

Difficile de parler de Baby Driver sans mentionner la musique. Véritable pilier fondateur sur lequel s’axe le film, le tempo musical du film dicte le montage et la chorégraphie des acteurs. En soi, la démarche du réalisateur sur son film est typiquement celle d’une comédie musicale, avec la difficulté supplémentaire que les musiques ne sont pas composées spécifiquement pour le film. C’est donc une prouesse formidable de respecter ce gimmick du début à la fin. Tout morceau de musique aura des conséquences sur le rythme de la scène. Loin de se bloquer avec ce principe, Edgar Wright s’en amusera et nous donnera des scènes de comédie hilarantes aux moments les moins attendus. Contrairement à un film comme Gardiens de la Galaxie, où la BO n’est là que pour rendre cool une scène, Baby Driver joue avec sa bande originale comme jamais un film ne l’a fait auparavant (enfin si: Edgar Wright dans ces précédents films pour quelques scènes).

Baby Driver ou la force du montage

Edgar Wright ridiculise l’octalogie Fast & Furious avec son film. Tandis que la licence avec Vin Diesel se sent obligée de jouer surenchère sur surenchère, Wright réussi à nous montrer qu’il n’y a pas besoin d’images de synthèse pour nous époustoufler avec un film de courses-poursuites. La réalisation du britannique est impressionnante, il n’est pas rare d’avoir le souffle coupé devant certains enchainements de plans. Lier musique et découpage rend chaque moment « attendu » inattendu. Le réalisateur en est bien conscient et joue souvent là dessus. Il est difficile d’exprimer en mots la myriade de détails et de moments de bravoures que constituent Baby Driver, c’est un festival qui ne fait que réjouir le spectateur de bout en bout.

Le Baby, la brute et le truand

Ne pas mentionner les acteurs du film serait injustice. Ansel Elgort, connu jusqu’alors dans des seconds rôles (la saga Divergente), prend toute la lumière de ce film et étonne par sa justesse. Il arrive à apporter la nuance et l’humanité dans un personnage qui aurait pu être très vite monotone. Mention spéciale à Jamie Foxx et surtout John Hamm, tout les deux surprenants dans leurs rôles de gangsters impulsifs. On regrettera que Kevin Spacey n’ai pas plus à faire avec son personnage de mafieux / père de substitution , mais il faut bien déjouer nos attentes.

Baby Driver: la symphonie filmique d’Edgar Wright

par Christophe Lalevee Temps de lecture : 2 min
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