Sleepless de Baran bo Odar est le remake de Nuit Blanche, film français sorti en 2011, réalisé par Frédéric Jardin et avec Tomer Sisley. Ici Jamie Foxx est le flic corrompu qui va tout faire pour sauver son fils d’un baron de la drogue tout cela en ayant sur le dos les affaires internes et la pugnace Jennifer Bryant interprétée par Michelle Monaghan.

Gentils vilains et méchants flics

Si le pitch du film semble assez simple – Jamie Foxx jouant le ripou, face à Michelle Monaghan la flic droite dans ses bottes – l’histoire n’est pas aussi simple. Sans vouloir dévoiler toute l’intrigue, on va quand même dire ici que si si Michelle ça reste une gentille ! Elle avance tout de même en terrain très miné… Coucou partenaire Dennison ! Pour tenir un tel rythme, le réalisateur s’est donc entouré d’un casting qui tient la route. Après Baby Driver, re voilà donc Jamie Foxx en « méchant » et perso on est ravi de voir Michelle (le prochain Mission Impossible est dans trop longtemps) ! Du côté des vilains, et ceux sont mêmes eux que je préfère, il y a Stan Rubino et Rob Novak. Le premier, interprété par Dermot Mulroney, est un sympathique gestionnaire de casino. Il blanchit l’argent de la drogue via ses machines à sous. Rien de bien extraordinaire dans ce monde là, c’est même un amateur face au grand méchant loup : Novak le psychopathe. Certaines scènes démontrent très explicitement qui est le patron (coucou la langue du cousin…). Scoot McNairy, était donc l’homme parfait pour jouer Novak, c’est pas moi qui le dis, mais Jamie : « Scoot n’est pas du genre à afficher un sourire forcé comme on le fait à Hollywood. Pas question de se lancer dans les banalités d’usage. Il me faisait presque peur avec sa dégaine. Il était très sérieux, et c’est ce qu’il faut pour jouer un personnage comme Novak ».

Sleepless : le film d’action à 100%

Les films d’action c’est bien gentil, mais la plupart du temps c’est souvent un joyeux bordel. Nous on critique pas on aime ça, mais quand même… Avec Sleepless un peu d’ordre vient régner dans le chaos. Comme Boileau disait en 1674 : « Qu’en un lieu, en un jour, un seul fait accompli tienne jusqu’à la fin le théâtre rempli ». Tous les élèves reconnaîtront cette maxime, il s’agit là de la base de la fameuse règle des 3 unités. Baran bo Odar respecte donc les anciens préceptes en créant une intrigue qui dure 24h (unité de temps), se déroule dans un casino (unité de lieu), et dont le but premier reste de sauver le fils du personnage principal (unité d’action). Vincent Downs n’a donc pas toute la nuit pour sauver Thomas, ah pardon si la nuit oui, mais pas plus ! Sleepless n’est pas révolutionnaire, il fait le job, c’est un film d’action haletant où l’on n’a pas le temps de s’ennuyer. La mise en scène est nerveuse, les scènes orchestrées avec minutie, la caméra est toujours en mouvement, car elle accompagne en continu les personnages. C’est Adam Stone, le directeur de la photographie, qui en parle le mieux : « Au début, Rubino maîtrise parfaitement la situation, ce qui est rendu par de magnifiques plans séquences, très larges, et parfaitement stables. Mais à mesure qu’il perd le contrôle pendant la nuit, on passe à la caméra à l’épaule. De la même façon, lorsque le fils de Vincent se fait kidnapper, la caméra vacille, mais lorsque Vincent reprend le contrôle et commence à comprendre comment retrouver son fils, on a pris le parti d’avoir des plans larges très épurés ».

Sleepless: buckle up and don’t look back!

par Aliénor Perignon Temps de lecture : 3 min
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