On a tous déjà parlé à notre chat et on a tous imaginé qu’il pouvait nous répondre. Laura Trompette, avec C’est toi le chat, paru chez Pygmalion, donne la voix à tous les chats. Dans son livre, l’auteure fait preuve de beaucoup de sensibilité, et d’humour pour aborder des sujets difficiles. Car, comme dirait Harold : « On doit se serrer les pattes » !

Laura Trompette, une auteure pétillante

C’est toi le chat est un roman à deux voix : Le Poilu et Paul. Toutefois, c’est le félin qui aura toujours le dernier mot et même le premier d’ailleurs. Le personnage d’Harold est à mourir de rire, ce poilu un brin individualiste a les meilleures punchlines du roman : « Bientôt on me dira quel âge j’ai en lémurien, en hirondelle ou en poisson rouge ? » (P32). Le CCL « contrat à croquettes limitées » remplace pour lui le CDD et « éteindre la faim, c’est comme éteindre la libido : criminel ». Laura Trompette développe deux personnages aux caractères bien marqués : un chat qui ne se laisse pas marcher sur la queue et un père aimant. Ces deux points de vus masculins, égrenés par une femme, rajoutent du piment à une narration déjà originale. Les mâles ont ainsi un petit côté féminin : « Le mec est gaulé, il a une tronche et ses yeux verts sont presque aussi perçants que les miens » (P120) et « Consolation mutuelle. Mon dieu, j’ai des pensées de nana ce midi » (P129). Sous cet humour, Laura Trompette aborde aussi des thèmes sensibles comme le deuil, Louise a en effet perdu sa maman Aurélia ou encore les violences faites aux femmes avec Luna. La plume pétillante sde l’auteure permet au roman d’être touchant sans être larmoyant.

Et si le chat était le meilleur ami de l’homme ?

La maxime est connue, le chien est censé être le meilleur ami de l’homme. Selon les points de vue, le débat peut être sans fin, mais Laura Trompette milite dans son roman pour la #teamchat. Harold n’aime d’ailleurs pas beaucoup les canidés et le fait savoir tout au long du roman avec des petites piques bien senties : « Je n’ai jamais compris pourquoi on demande toujours des chiens renifleurs. On n’est pas moins doués que ces lèche-culs » (P81). Harold a été abandonné après l’arrivée d’un bébé chez sa famille et il ne demande qu’à être aimé : « Et si en grandissant elle se mettait à m’aimer moins, à préférer les lapins ou, pire, les chiens ? Je me retrouverais dans un autre aéroport ? » (P162). La vie de chat n’est pas un long fleuve tranquille, Harold a dû renoncer à Iris, a fui quand il a revu son ancienne maîtresse, car il voulait s’intégrer dans cette nouvelle famille. Si du côté de Paul, l’arrivée du chat ne fut pas facile : « En rentrant de l’école avec Louise, j’ai presque songé à mettre Harold au menu du restaurant », il finira par l’adopter réellement et même lui parler. Grâce au félin, la vie de Paul a complètement changé et pour Harold aussi ça va bouger…

Tous les mardis et vendredis, nos rédactrices de la rubrique littérature vous parlent d’un livre qu’elles ont aimé. Ne tardez plus, allez découvrir nos autres chroniques !

C’est toi le chat dixit Laura Trompette

par Aliénor Perignon Temps de lecture : 2 min
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