Quand on parle de l’Amérique Latine, on pense tout de suite au Pérou et à son Machu Picchu, à la Patagonie Argentine ou encore à la belle Rio de Janeiro Brésilienne. Mais peu parle de la Bolivie et de ses merveilles. La Bolivie est l’oubliée du continent Sud Américain et c’est bien dommage.

Lors de mon voyage de 3 mois, la Bolivie était pour moi un passage obligé. Arrivant du Pérou, c’est au bord du Lac le plus haut du monde, le lac Titicaca que s’effectue le passage de la frontière. La première ville de mon itinéraire est Copacabana. Non, pas celle de Rio, mais bien celle de Bolivie. Petite ville au bord de ce magnifique lac, certains la trouveront trop touristique. Oui, c’est sûr, mais elle est une étape incontournable pour visiter l’Isla del Sol, le berceau de la civilisation Incas. Premier coup de cœur. Au petit matin, il faut prendre le bateau pour atteindre l’ile. Une fois arrivé, il est possible de traverser l’ile sur sa crête en l’espace d’une après-midi de marche. Le paysage est époustouflant : ruines Incas, roches émergeant du lac, les Andes Boliviennes. Imaginez vous, en haut d’une ile au beau milieu d’un lac, et en face de vous, des monts enneigés. Petit conseil, Copacabana regorge d’auberges et hôtels de toutes sortes. Si vous souhaitez vous reposer et mettre un peu plus de prix, n’hésitez pas et réservez à «Las Olas». Toutes les habitations sont différentes, très confortables, eau chaude, et vue sur le lac Titicaca. Un cadre magnifique, surtout au coucher du soleil.

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Isla del Sol, Titicaca, Bolivie
© JasonDozier

La Paz, capitale bolivienne

Le voyage continue vers la capitale bolivienne, La Paz. Ici, le voyage s’effectue en bus, comme la plupart des trajets. Il est nécessaire de rappeler que le bus est un moyen de transport plutôt sûr, mais à éviter la nuit. L’avion quant à lui permet d’économiser du temps si celui-ci vous est compté, mais demande un portefeuille plus important. La capitale en elle-même n’a rien d’extraordinaire, mais vaut le détour pour sa géographie des plus impressionnante. En effet, la ville est nichée dans une cuvette au beau milieu de l’Altiplano, zone totalement plate et inhabitée. Pour mieux s’en rendre compte, il faut prendre les tout nouveaux téléphériques pour prendre de la hauteur à El Alto et se rendre compte du splendide panorama. Deux – trois jours suffisent pour découvrir la capitale et flâner dans les rues.

Ne ratez pas le marché aux sorcières où charmes, huiles, amulettes et fœtus de lamas se vendent par dizaine. Le conseil le plus important que je puisse vous donner : prenez les taxis répertoriés avec un numéro de téléphone appartenant sur leur porte. Et n’hésitez pas à demander à ce qu’on vous appelle un taxi pour rentrer. Croyez-en mon expérience.

Amazonie : embarquement immédiat pour l’inconnu

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Rurrenabaque, Bolivie
© JasonDozier

L’expérience bolivienne ne peut être complète sans un passage en Amazonie. Direction la ville de Rurrenabaque, au Nord du pays. C’est à bord d’un petit coucou de la compagnie Amazonas que  l’on embarque vers l’inconnu. Rurrenabaque est la ville départ de tous les tours qui partent dans la jungle et la pampa. C’est avec «Mashaquipe Eco Tour», que je vous conseille vivement, que j’ai passé 3 jours dans la jungle et 2 jours dans la pampa, et quelle aventure ! Notre guide a été génial et a largement contribué à faire de cette immersion, une expérience inoubliable. C’est sans aucun doute l’une de mes plus belles expériences de voyage de ces trois mois. C’est à bord d’une pirogue à moteur que l’aventure commence, pour remonter le fleuve du Beni (cf. photo de couverture) jusqu’au camp, en pleine jungle. Les journées sont rythmées par la découverte de la jungle, de sa faune et de sa flore, de la fabrication d’un radeau pour descendre le fleuve au coucher du soleil et de marches nocturnes pour écouter les bruits de la jungle. Se retrouver au cœur de la nature, loin de tout, où tout nous dépasse est une sensation fantastique que je ne pourrais oublier. Face à ce monde largement hostile, car oui, il fait très chaud, très humide, et il y a beaucoup de tarentules, on se sent en harmonie avec la nature. Et ça, c’est génial.

L’architecture : l’un des atouts de la Bolivie

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Sucre, Iglesia San Felipe Neri, Bolivie
© JasonDozier

Après une semaine dans la jungle, retour en ville, à Sucre tout d’abord, puis Potosi. Sucre, appelée aussi la ville blanche est un joyau au cœur de la Bolivie. L’architecture coloniale lui donne un cachet non-négligeable. L’Eglise de San Felipe de Neri qui trône au milieu de la ville est certainement l’un des plus beaux bâtiments de tout le pays. Jeune et dynamique, elle est une étape intéressante pour les voyageurs qui souhaitent apprendre l’espagnol. De nombreuses auberges proposent des chambres gratuites si vous prenez des cours. Non loin de là, c’est la ville d’argent, Potosi, qui s’élève à plus de 4000 mètres d’altitude. Ce n’est pas pour la ville en elle-même qu’on s’y arrête mais bien pour ses mines d’argent et son histoire. Il est possible de visiter les mines toujours en activité à travers de nombreuses agences, proposant des tours plus ou moins éthiques. Allez directement chez «Greengo Tour» et vous ne serez pas déçus. Créée par un ancien mineur, cette organisation reverse une partie de ses bénéfices aux mineurs.  Le guide vous emmène au cœur des mines pour découvrir le travail et les croyances des mineurs, passionné, il n’hésite pas à vous faire un cours de politique Bolivienne. Déconseillé aux claustrophobes.

Etendue de sel

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Salar de Uyuni, Bolivie
© JasonDozier

Loin du cœur des mines, c’est à Uyuni que se termine mon périple. La ville départ en elle-même n’offre rien d’exceptionnelle. Elle permet de trouver l’agence avec laquelle vous allez faire le tour. Malheureusement, le site du désert de sel est le plus touristique de toute la Bolivie et les agences offrent toutes le même tour. Il faut savoir que vous ne serez pas seul au milieu du désert, mais bien avec des hordes de touristes en 4×4. Ce bémol dévoilé, il faut savoir que le tour dure entre 3 et 4 jours. Il comprend un chauffeur/guide et les repas. L’itinéraire quant à lui s’ouvre sur le cimetière des trains qui acheminaient les minéraux entre le Chili et la Bolivie, ensuite, c’est le splendide Salar de Uyuni que vous traverserez. Cette étendue de sel à perte de vue est sans doute une expérience unique à vivre. Puis, vous passerez par quelques lagunes colorées jusqu’au point d’orgue de cette aventure – de mon point de vue – la Laguna Colorada. Au milieu de nulle part, c’est une lagune de couleur rouge peuplée de flamants roses qui se dévoile devant vos yeux. Ce sont en réalité des algues rouges qui donnent cette couleur spectaculaire à cette lagune. Le paysage est irréel. Attention, les nuits sont froides, il faut donc prendre un sac de couchage et de bonnes polaires pour les affronter. Certaines agences proposent un transfert en bus pour passer la frontière Chilienne, jusqu’à la ville de San Pedro de Atacama. Ce tour peut évidemment se faire dans les deux sens : Uyuni – San Pedro ou San Pedro – Uyuni. Personnellement, elle a été un gros coup de cœur inattendu pour moi. Mais, ça, je vous le raconterais peut-être, pour une autre fois.

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Laguna Colorado, Bolivie
© JasionDozier

Dernière précision, il est important de ne pas oublier que la Bolivie est un pays qui se trouve en haute altitude. Il est fortement déconseillé de faire trop d’activités physiques directement après votre arrivée. Un temps d’adaptation de 4-5 jours est nécessaire. Afin d’oxygéner votre corps, il est conseillé de prendre du thé à la coca tous les matins. Les cachets vendus en pharmacie sont inefficaces, le seul remède est de se reposer et si vous êtes atteint du mal d’altitude, de redescendre au plus vite, si celui-ci persiste.

Jason Dozier

La Bolivie, l’oubliée de l’Amérique Latine

par contributeurs Temps de lecture : 6 min
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