Kiss & Cry est le premier long-métrage de fiction de Lila Pinell et Chloé Mahieu. L’idée leur est venue après avoir réalisé, en 2012, un court-métrage sur le patin intitulé : Boucle piqué. Dans ce film, on suit le quotidien de Sarah, adolescente de 15 ans à Colmar et patineuse professionnelle en devenir. Une très bonne histoire, mais trop courte (1h18).

NB : Il faut savoir que le “kiss and cry”, à prononcer à la française, est l’endroit où, après avoir terminé un programme, les patineurs attendent les résultats donnés par le jury.

L’adolescente sous la sportive

Dans Kiss & Cry, on comprend vite, qu’il faut gratter le vernis, il s’agit moins d’un film sur le sport que sur l’adolescence en soi. Le passage de la puberté à l’âge adulte s’avère être encore plus difficile pour ces jeunes athlètes à qui on demande beaucoup. Les réalisatrices insistent notamment sur la notion du corps ainsi que sur les dangers des réseaux sociaux. L’entraîneur Xavier ne se gêne pas pour dire que les jeunes filles sont trop grosses, on l’entend notamment dire : « On ne peut pas sauter quand on est une bonbonne de gaz ! ». Alors que Sarah mange un bonbon, sa mère lui fait recracher. Toutefois, les adolescentes ne semblent pas le prendre si mal que ça… Elles exhibent même ce corps en envoyant des photos sur snapchat. Une histoire qui ne va pas spécialement plaire aux parents et qui vaudra une sacrée dispute entre Sarah et sa mère. Le portable d’une jeune fille c’est sacré ! La figure parentale est donc moralisatrice, à l’image de la scène dans la voiture où les filles parlent d’une soirée, ce qui ne semble par être du goût des adultes. Sarah et sa bande iront quand même. Une autre scène, dans le bus en route pour le championnat de France, montre que les parents en bavent peut-être plus qu’on aurait pu le penser.

Kiss & Cry : un film documentaire

Kiss & Cry est un long-métrage plutôt court qui déroute dans sa réalisation. Sa forme hybride peut laisser le spectateur dubitatif, car les images sont filmées avec un ton très documentaire et le ton est minimaliste. Le début du film en lui-même est déroutant, entre le podium avec la Marseillaise et puis les pleurs de la mère qui voit que sa fille blessée ne pourra pas continuer le patin. Le fil narratif semble flou au départ, il s’agit d’un portrait de groupe, puis à force, Sarah se détache. Il y aussi beaucoup de gros plans comme par exemple celui où Sarah embrasse puis discute avec son « copain ». L’équilibre entre fiction et documentaire donne à certaines scènes l’impression d’être de flotter comme dans un rêve. Deux rêves seront d’ailleurs retranscrits dans l’histoire, jetés la en plein milieu du film, d’abord Xavier qui patine entouré des filles et Sarah qui rêve qu’un homme la touche. Lila Pinell et Chloé Mahieu signent avec Kiss & Cry, un film différent sur l’adolescence, qui ne laissera pas indifférent à l’image de Fantastic Birthday.

Kiss & Cry : des pépins et du patin

par Aliénor Perignon Temps de lecture : 2 min
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