Emmanuel Macron a fait face ce mardi 12 septembre au premier mouvement de contestation de son mandat marqué par des manifestations dans toute la France en opposition aux ordonnances de la loi travail, avec pour toile de fond un climat social contrarié. Ces manifestations ont marqué la rentrée du front social opposé à la loi travail, dont les ordonnances ont été dévoilées à la fin de l’été par l’exécutif et qui prévoient notamment le plafonnement des indemnités prud’homales ou fusion des instances représentatives du personnel dans les entreprises. Elles s’inscrivent dans un mouvement de contestation plus général à l’encontre du président de la République qui a connu un été marqué par plusieurs polémiques parmi lesquelles la baisse des allocations logements APL ou encore la suppression de nombreux emplois aidés.

Les opposants en ordre dispersé

C’est la CGT qui est à l’origine de ces manifestations, accompagnée par les syndicats FSU, Solidaires et l’UNEF. On a pu remarquer l’absence de la CFDT et FO qui n’ont pas souhaité se joindre à ce mouvement. Cependant des membres de cette dernière organisation ont tout de même participé à ces rassemblements, symbole des contradictions qui fracturent le mouvement syndical. Ainsi, la CFDT n’a pas souhaité rejoindre le mouvement, son secrétaire général Laurent Berger voulant conserver « sa volonté d’action » comme il l’a déclaré au Figaro.

Des personnalités politiques se sont joints au cortège, notamment Benoit Hamon candidat socialiste aux élections présidentielles, Pierre Laurent du PCF ou encore des membres de la France Insoumise parmi lesquels le député Adrien Quatennens ou encore son fondateur Jean-Luc Mélenchon.

Ces premières manifestations du quinquennat de M. Macron ont été accompagnées de quelques perturbations dans les transports et dans des lycées de la région parisienne tandis que quelques débordements tels que des jets de projectiles sur les forces de l’ordre ont été signalés.

D’autres manifestations à venir

Au final, la CGT a déclaré avoir rassemblé 500 000 manifestants dans toute la France tandis que le ministère de l’Intérieur en a compté 220 000, cet écart se retrouvant comme à l’accoutumée notamment à Paris où selon les sources, entre 60 000 et 24 000 personnes se sont réunies. Ces chiffres, au niveau national, se rapprochent pour comparaison de ceux de la première manifestation contre la loi El Khomri en mars 2016 selon le Monde.

Ces manifestations ont été présentées par les syndicats comme un tour de chauffe avant une intensification de la contestation qui sera poursuivie le 22 septembre par une nouvelle mobilisation toujours à l’initiative de la CGT puis le 23 septembre par une action menée par la France Insoumise place de la Bastille. Ce sera l’occasion pour son leader de s’affirmer en tant que principal adversaire d’Emmanuel Macron dans un quinquennat où les occasions ne manqueront pas pour agiter les opposants du président de la République qui souhaite enchaîner les réformes d’importance telles que la réforme des régimes spéciaux de la SNCF qui a n’en pas douter fera encore trembler les pavés au printemps.

Maxime Crinon

Loi travail XXL : l’heure des premières manifestations

par contributeurs Temps de lecture : 2 min
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