Vous l’ignorez peut-être encore mais le métier de médiateur culturel ne recouvre pas qu’une seule activité. Derrière ces termes se cache une tout autre réalité. Portrait de Émilie Bonneau, médiatrice culturelle à l’université de Paris Ouest Nanterre La Défense, interrogée pour L’Étudiant autonome.

 

S’il fallait faire une liste des métiers que cela recoupe, il y aurait, entres autres : chargé des relations publiques, programmateur de spectacles, responsable de projets culturels, chargé de conservation de musée, animateur culturel… Sur onisep.fr, l’expression « médiateur culturel » renvoie à pas moins de trente résultats. Il n’est donc pas évident de s’y retrouver. Comme nous l’expliquait Émilie Bonneau, le métier est apparu dans les années 1980 afin de créer un véritable intermédiaire entre l’oeuvre et le public. Aujourd’hui, cette dénomination correspond à de nombreuses activités. De manière générale, il s’agit de faire en sorte d’inciter les gens à voir des spectacles mais aussi à leur faire pratiquer des activités culturelles et à échanger avec les artistes. « Il faut que cela devienne plus naturel dès le plus jeune âge » nous expliquait la médiatrice culturelle. La culture doit donc devenir attractive et aussi accessible, ce qui implique des efforts pour tenter de renouveler le public et surtout de le conquérir.

Au quotidien, Émilie Bonneau a deux missions au sein de son service d’action culturelle : accompagner le montage de projets et accompagner la professionnalisation des compagnies de spectacles. Les projets peuvent très bien provenir d’amateurs. Il s’agit, selon Emilie Bonneau, d’une « mise à disposition des expériences de chacun pour les autres étudiants ». Pour ce qui est des projets, le médiateur a pour rôle de réagir avant que les problèmes ne surgissent. Si les étudiants ne se concentrent que sur leur projet artistique, elle est là pour leur rappeler tout le reste : les démarches à suivre, les aspects administratifs, la communication…

Les plus et les moins du métier de médiateur culturel

Pour Émilie Bonneau, l’avantage de ce métier est qu’aller voir un spectacle n’est pas seulement un travail mais aussi un loisir. C’est enrichissant, aussi bien humainement que culturellement, puisqu’il n’y a pas vraiment de routine, le métier se renouvelle constamment avec, à chaque fois, l’apparition de nouvelles idées et de nouveaux projets. L’inconvénient de cette profession est la gestion du temps de travail. Le médiateur culturel n’a pas d’horaires de bureau, ce qui peut être gênant lorsque l’on a une vie de famille. Il faut donc être flexible et organisé.

Où se former ?

Comme pour beaucoup de formations, il n’y a pas qu’une seule voie pour parvenir à ce métier. Pour un niveau licence, l’Université Sorbonne Nouvelle Paris 3 propose sa licence Médiation culturelle – Conception et mise en œuvre de projets culturels. L’Université du Maine, au Mans, présente une licence professionnelle, la licence conception et mise en œuvre de projets culturels (CMOPC). Il en existe une autre, à Toulon, la licence professionnelle gestion de projets et structures artistiques et culturels à Toulon. Au niveau des masters, l’Université de Nanterre possède un master mention Humanités et industries créatives avec un parcours spécifique de médiations culturelle et interculturelle (MCEI) ou encore un master sciences humaines et sociales dont le parcours qui pourrait vous intéresser est celui de conduite de projets culturels. Il existe également des formations qui prennent des étudiants à partir de la licence 3 comme la formation privée de médiateur culturel à l’École d’art et de culture de Lyon.

Les conseils d’une professionnelle

À l’université, on vous incite fortement à faire des stages mais moins à échanger directement avec des professionnels. C’est pourtant ce que préconise Emilie Bonneau. La personne qui parle de son emploi le fera en principe avec plaisir et un bon contact avec cette personne peut même aboutir plus tard à un stage… La médiatrice culturelle distingue ainsi le stage ou l’emploi d’été, qui donnent des compétences et de l’expérience, d’une simple rencontre, qui permettra de mieux cerner ce que vous voulez faire plus tard. Pour la médiatrice, il faut « savoir où l’on veut arriver pour connaître le chemin à parcourir ». Émilie Bonneau a effectué des études en histoire de l’art jusqu’à son master 1 puis elle a fait un master 2 professionnel métiers du développement culturel et du tourisme (qui n’existe plus en tant que tel aujourd’hui). Cependant, si elle a suivi cette voie il y a quelques années, il est peut-être plus difficile de se spécialiser une fois les études finies de nos jours. Enfin, elle conseille d’essayer le métier qui nous intéresse, de se tester, de se renseigner et de se constituer des contacts. Des conseils précieux qui ne s’appliquent pas qu’aux métiers de la culture !

Alors, que vous soyez intéressé par un métier en lien avec la culture ou que vous vouliez réaliser un projet, pensez à la médiation culturelle et à ses multiples ressources.

Armandine Castillon

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