Jour des inscriptions à la fac, je m’endormais sur ma chaise en attendant mon tour quand une petite blonde toute guillerette fit son apparition dans la salle. Je n’arrivais pas à détacher mes yeux de son visage angélique. Elle m’attirait, certes, mais c’était plus que ça, c’était un véritable coup de foudre.

Il fallait absolument que je lui parle, mais que lui dire sans passer pour le mec lourd ? « Salut ca va ? », « C’est ta première année ici ? », « C’est long ces inscriptions, non ? » Bon … les approches que je me murmurais étaient toutes plus nulles les unes que les autres mais qui ne tente rien n’a rien ! Arrivé devant elle, j’ai bégayé comme un jeune premier mais ça l’a fait rire et nous avons commencé à discuter.

Elle était tellement différente des autres filles que j’avais rencontrées, elle était simple, joviale et volubile, elle me subjuguait. Il était temps de se laisser, après m’avoir hurlé son numéro de l’autre côté du quai, Lola m’a fait un fuck avec un grand sourire ! Elle me faisait un doigt et moi je souriais bêtement et sa façon d’être me faisait rire. Cette fille était différente, je savais que j’allais vite tomber amoureux, si ce n’était déjà fait.

Nous nous sommes revus très rapidement, et à la fin du second rendez-vous, Lola a posé ses lèvres sur les miennes sans que je m’y attende. Mon cœur tambourinait si fort dans ma poitrine à ce moment-là que je me suis dit qu’on pouvait mourir d’un baiser. Nous passions notre temps ensemble, je m’épanouissais juste en la regardant. Malgré un caractère bien trempé, je découvrais une part sensible chez elle, elle pouvait pleurer juste en écoutant une chanson et en regardant un dessin animé. A côté de ça, j’étais bluffé par sa force de vie, elle n’avait pas un sou, vivait dans une chambre de bonne totalement délabrée mais ne se plaignait jamais de sa situation. Elle restait toujours souriante, optimiste et joyeuse. 

Je ne pensais qu’à elle, je voulais la rendre heureuse autant qu’elle me rendait heureux à ses côtés. Je m’épanouissais à ses côtés, j’aurais pu passer des heures à la regarder lire, elle si belle, si simple et si écorchée. Je me rendais compte que je l’aimais plus qu’hier mais bien moins que demain.

Je ne lui ai pas avoué mes sentiments, j’ai du mal à parler alors j’ai essayé de montrer mes sentiments par des actes. De ce fait, pour son anniversaire, j’ai voulu marquer le coup en l’invitant dans un restaurant très chic mais quand elle l’a appris, elle a refusé. Ce n’était pas elle. Elle voulait quelque chose de simple. On venait d’un monde totalement différent, je vivais dans le luxe et je voulais quelque chose de clinquant quand un restaurant du quartier lui suffisait amplement. Sa simplicité, associée à sa joie de vivre, faisait que je l’aimais encore plus.

Lola attendait que je lui dévoile mes sentiments, seulement je n’en étais pas capable. C’est marrant, on se donne toutes les bonnes raisons de s’interdire d’avouer ses sentiments, par peur de souffrir, d’être abandonné un jour. Et pourtant, on est constamment à la quête de l’être aimé.

C’était la première fois que je tombais amoureux, et il faut l’avouer, je n’étais pas doué dans ce domaine. Je ne savais pas du tout comment m’y prendre. J’avais envie de lui dire, mais devant elle, j’étais pétrifié. Malheureusement, elle en a eu assez d’attendre quelque chose de moi, quelque chose qui n’arriverait certainement jamais. Ça s’est fini. Je m’en suis voulu, j’ai voulu la récupérer de bien des manières mais en vain, c’était bel et bien terminé. Elle n’était plus auprès de moi et j’avais l’impression que tout s’écroulait autour de moi.

A la suite de ça, ma vie n’avait plus aucun sens alors j’ai décidé de voyager pour l’oublier. J’aurais pu enchaîner les coups d’un soir, mais pour moi je n’étais pas célibataire, pas dans mon cœur. Puis les années sont passées, j’ai essayé d’arrêter de m’en vouloir et de me dire que je me rattraperai le jour où je la recroiserai.

Ce jour est arrivé, Lola était là, dans la rue, plus rayonnante que jamais. Mais elle était accompagnée d’un mec, son mec. Je ne le connaissais pas mais je le haïssais d’être avec celle que j’ai toujours aimé. Il la rendait heureuse, plus heureuse que je ne l’ai jamais fait. Je voyais dans ses yeux le bonheur qu’il lui procurait. Je me voyais jaloux et envieux d’un inconnu. J’étais misérable. En les voyant aussi épanouis, je me suis dit que je devais arrêter d’être bloqué dans le passé, j’avais aussi le droit au bonheur.

Modern Love : « On se donne toujours de bonnes raisons de s’i…

par Sabrina Viniger Temps de lecture : 3 min
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