En 1923, Jules Romains, écrivait la pièce « Knock ou le triomphe de la médecine ». Après la mythique interprétation du personnage par Louis Jouvet en 1933 et 1950, place à Omar Sy. La réalisatrice, Lorraine Levy, voulait que cette œuvre rencontre notre époque. Elle revisite donc le fameux « Est-ce que ça vous chatouille ou est-ce que ça vous grattouille ? »

L’enjeu du renouveau

N’ayant pas les moyens d’acheter les droits de la pièce, Lorraine Levy a écrit le scénario seule avant de le soumettre à Frédérique Massart, la responsable audiovisuelle de Gallimard. Il aura fallu 8 ans au projet de la cinéaste pour voir le jour. Sa version de Knock est très différente, la réalisatrice n’avait pas envie d’un médecin cruel, elle lui a rendu un peu son cœur. Lorraine Levy précise : « On comprend la revanche que Knock a besoin de prendre sur la société. On comprend pourquoi, lui qui a eu faim, cherche à faire fortune : il lui est nécessaire de se trouver une place, à n’importe quel prix. Mais s’il use et abuse de son pouvoir pour devenir le roi de ce petit royaume, s’il assoit son autorité sur les défauts de ses concitoyens, qu’il manipule avec dextérité, il le fait avec une tendresse amusée, sans cruauté, sans mépris ». L’idée était d’alléger une thématique plutôt difficile, la pièce étant écrite en 1923, elle raconte aussi l’avancée d’Hitler. La version 2017 de Knock, se déroule donc en 1950 dans un climat calme où les préoccupations d’un village sont assez communes.

Omar Sy EST Knock

Lorraine Levy n’a imaginé qu’un seul homme pour incarner son Knock : Omar Sy. Elle confie sans détour : « Qui pour redonner une virginité à Knock et l’emmener vers plus d’humanité ? Un seul. Omar. Sa force singulière, qui n’exclut jamais sa fragilité, son rayonnement hors norme en faisaient tout naturellement mon héros. D’ailleurs, j’ai très vite eu Omar Sy en tête, pendant l’écriture ». Lui se souvient : « Je ne savais rien de ce Docteur Knock… alors, tout était possible. Elle m’a expliqué comment, elle, elle imaginait ce personnage et pourquoi elle avait envie que ce soit moi qui l’interprète. Nous sommes restés longtemps assis dans un café à discuter. Elle m’a ensuite expliqué comment elle envisageait l’adaptation ». Le moins que l’on puisse dire c’est que sans Omar Sy, Knock aurait été bien différent. En, effet, Omar Sy porte le film à lui seul. Pour imprimer sa patte le comédien a beaucoup donné : « Nous avons travaillé sa démarche, j’ai appris à me tenir très droit – un peu comme si je travaillais un pas de danse. J’ai dû aussi travailler ma diction : il était impensable que je mâche mes mots ou que j’aie mon débit de parole habituel. J’ai adoré ce travail. Je sentais qu’il allait me faire progresser, me donner d’autres outils et m’emmener vers un autre univers ».

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Omar Sy incarne un nouveau Knock

par Aliénor Perignon Temps de lecture : 2 min
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