Le petit dernier chez Fleuve éditions s’intitule Eleanor Oliphant va très bien et il est signé Gail Honeyman. Le romancier raconte l’histoire d’Eleanor, jeune femme peu commune de 30 ans qui va s’ouvrir au monde peu à peu. L’auteur signe un roman drôle et touchant sur une héroïne du quotidien et montre que l’amitié permet de surmonter bien des choses.

Eleanor Oliphant : une femme singulière

Gail Honeyman avec Eleanor Oliphant a choisi une héroïne qui n’est pas si ordinaire que ça. Ce que le lecteur apprendra à apprécier, c’est son côté décalé sans trop l’être. Eleanor n’est pas Wonder Woman, mais c’est une guerrière qui se bat quand même contre certains démons intérieurs. Le personnage principal du roman est donc une jeune femme à la fois commune et peu banale. C’est la voix même de ce livre narré à la première personne. Eleanor Oliphant se décrit en ces mots : « Je suis auto-suffisante. En tout cas, c’est ce que j’ai toujours pensé » (P19) ou encore « J’étais un être humain de sexe féminin, ni plus ni moins » (P105). Elle est tout bonnement indescriptible et nous, on aime bien ne pas mettre les gens dans des cases : « Il n’existait pas de catégorie sociale de type Eleanor dans laquelle j’aurai pu me glisser » (P266). Son aversion pour les relations sociales est aussi amusante que sa préférence pour les animaux. Plusieurs fois dans le roman, elle y fait allusion : « Que ferait un furet en pareil cas ? Comment réagirait une salamandre ? » (P25). Eleanor Oliphant a un regard sur le monde assez original. Elle nous fait part de ses réflexions sans détours : « Et si une femme seule au monde parle à une plante en pot, est-elle folle à lier ? » (P75) ou encore « Je ne suis pas du genre à critiquer le physique d’autrui, mais franchement, avec tous les chômeurs, cette femme était-elle la meilleure candidate pour être hôtesse d’accueil ? ».

3 fois rien et la vie s’éclaircit

Eleanor Oliphant mène une vie plutôt rangée en témoigne son habitude du mercredi : « Nous étions mercredi soir. Le soir de maman » (P46). Rien n’interrompait sa routine travail, maison, vodka jusque-là. Tout commence à changer alors quand elle tombe amoureuse d’un chanteur vu en concert : Johnnie Lomond. Elle se dit alors qu’elle va devoir faire plus attention à son apparence. La séance chez l’esthéticienne est une épreuve pour elle tout autant que l’atelier maquillage et shopping, mais qu’elle juge nécessaire. Le relooking coiffure quant à lui sera mieux vécu : « Merci de m’avoir rendue étincelante » (P203). Elle a vécu un drame dans sa jeunesse qui va nous être dévoiler par petites touches çà et là du roman. Par exemple, à la page 78, avec une note des services sociaux qui commence à dessiner les contours des problèmes qu’a vécu Eleanor. Il y a l’amour, mais il y a aussi l’amitié qui fait progresser notre héroïne. Elle n’aurait jamais pensé à trouver en la personne de Raymond Gibbons du service informatique un ami et pourtant petit à petit ça va le devenir. Elle va même secourir un vieil homme dans la rue, chose qui avant lui ne lui serait même pas venu à l’esprit. Grâce à lui, elle va aussi découvrir son passé pour mieux avancer.

Le mot de la fin : « Il y a tellement de livres dans le monde, comment trouver les bons ? »

Tous les mardis et vendredis, nos rédactrices de la rubrique littérature vous parlent d’un livre qu’elles ont aimé. Ne tardez plus, allez découvrir nos autres chroniques !

Gail Honeyman prouve qu’Eleanor Oliphant va très bien

par Aliénor Perignon Temps de lecture : 2 min
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