Après 5 ans d’études, et 4 stages obligatoires, je peux témoigner : les stages, c’est la galère. Personnellement, il fut introuvable, le bon stage. Il fut inatteignable, le stage avec l’équipe, les missions, et tout ce qui pouvait me faire rêver. Je me suis sentie nulle, incapable, détestée, mal dans ma peau, enfin toutes ces choses pas faciles qui m’ont remise en question. Mais maintenant que c’est fini, j’ai envie de dire : Merci.

Petit récap (rapide) de ma vie d’étudiante ou mon cv en quelques lignes

J’ai commencé en post-bac avec un DUT SRC (Services et Réseaux de Communication) maintenant mieux nommé MMI (Métiers du Multimédia et de l’Internet). Deux ans donc, durant lesquels j’ai passé 6 mois au Canada en fin de cursus. Je me suis investie sur mon campus et j’ai relancé un magazine qui n’existait plus depuis quelques années. J’ai dû bosser comme une dingue, mais je ne regrette rien. Par la suite, j’ai fait une licence professionnelle dans les métiers de la télévision, puis un master en cinéma et création de documentaire (et me voilà à LEA). Bref, j’ai fait des études, mais j’ai aussi fait des trucs à côté. Tout ça pour dire que j’ai un CV pas trop mal, à mon avis.

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La galère des stages : être un thug ou le devenir

Le premier stage : la découverte du monde professionnel… ou celle d’une triste réalité

Que fut ma surprise lorsque j’ai commencé à chercher ce premier stage ! Voilà déjà plus d’un an que j’étais en DUT, que j’avais relancé le magazine de mon campus, que je gérais une équipe, tout ça, tout ça. Pourtant, j’ai galéré et j’ai vu mes chers camarades trouver moult stages avant que j’ai un eu un seul entretien. Première remise en question donc, dans ces moments-là, forcément, on se dit « mais merde, je vaux rien en fait ? ». J’ai fini par jouer de mes contacts et trouver un piston pour rentrer dans une chaîne de télé québécoise où je me suis éclatée (merci mes collègues de folie), mais dans laquelle, forcément, j’étais plus simple observatrice qu’autre chose. J’avais donc tendance à m’ennuyer un tantinet parfois. 

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Le second stage : tuez-moi maintenant ou je fais un carnage

Comme vous le devinez au titre de cette partie, mon second stage, l’année suivante, ne s’est pas forcément mieux passé. Enfin, ça dépend du point de vue ! Après quelques cv et lettres, j’ai eu des entretiens et l’un d’entre eux m’a rapidement convaincue. J’ai rejoint une petite boîte de production dans le film de mariage, et là, rien à dire : j’avais des responsabilités ! Un peu trop peut-être, puisque j’irais presque jusqu’à dire que c’est moi qui faisais tourner la boîte pendant que mon patron s’achetait – et plantait – des palmiers dans son jardin, juste devant la fenêtre de mon bureau. Dur.

Il comptait sur moi pour bosser avec pour lui l’été qui arrivait et j’ai fini par lui dire, à une semaine de la fin de mon stage, que je ne voulais pas rester plus longtemps – à comprendre, plus longtemps que la fin de mon stage. Il m’a donc mis à la porte. Mais genre, là, tout de suite, directement. Il aurait sans doute voulu que je vienne le supplier de me reprendre pour une semaine, mais je ne lui ai pas laissé cette chance. J’ai pris mes cliques et mes claques et grâce à mon copain qui a demandé à son patron de me prendre en stage pour me sauver la mise, j’ai fait un mois supplémentaire dans une autre boîte avec une ambiance bien meilleure et des gens respectueux de ma personne et de mon statut de stagiaire. J’ai même eu un peu de sous alors que l’autre m’en doit théoriquement encore aujourd’hui, deux ans après.

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Troisième stage : la peur de retomber dans le gouffre

Bien sûr, une fois que tu as vécu une galère comme celle-ci, c’est vachement moins facile pour toi d’en chercher un nouveau. J’ai été détruite par mon second stage, et encore aujourd’hui j’en suis traumatisée. Je me suis laissée faire et j’ai été emporté par mes sentiments. Avec le recul que j’ai maintenant, je n’aurais jamais dû réagir comme ça

Bref, je n’avais pas du tout la motivation de trouver un nouveau stage, et j’ai d’ailleurs faillit ne même pas chercher. Heureusement, un de mes profs à qui j’avais raconté l’histoire de mon stage de l’année passée a accepté de me prendre en stage dans sa boîte. Ce fut une petite libération pour moi, car j’ai été là en tant que conseillère, j’ai pu suivre toutes les étapes d’un projet hyper intéressant, et même si techniquement je n’ai pas fait grand chose, j’ai senti qu’on m’appréciait et ça a permis de débloquer un peu ma peur du stage.

Le dernier des derniers : la libération, ou presque

Et enfin, mon stage de fin d’études. Je suis en plein dedans. Déjà, j’ai dû envoyer une cinquantaine de cv et de lettres. Pour une dizaine de réponses, négatives. Encore une fois, mes capacités et mes envies ont été remises en question, jugées et surtout mal interprétées. On n’a pas le droit de dire qu’on a encore envie d’apprendre quand on cherche son stage de fin d’études. Finalement, j’ai l’impression qu’on doit déjà être un bon petit employé qui ne dit rien mais reste payé au prix d’un stagiaire. Donc je n’ai pas trouvé. J’ai fini par faire du forcing dans une boîte de communication de ma ville, qui me plaisait bien et qui faisait un peu de vidéo. Pendant un mois, j’ai bossé sur un projet de teaser vraiment intéressant, pour lequel on m’a fait comprendre que j’étais « indispensable » et où l’on n’a jamais remis mes capacités en question. Mais un mois, ça veut dire qu’il m’en restait trois à faire. Alors la galère a repris de plus belle, et pendant un mois complet je n’ai fait qu’envoyer lettres et cv dans toutes la France. J’ai fini par me dire que tant pis, j’allais postuler pour des missions que je connaissais, dans lesquelles je pouvais dire “je sais ce que je fais et je n’ai plus à apprendre”, même si ce n’était pas complètement vrai. Il faut avoir l’air de ne pas douter de ces capacités, et là, j’ai été prise. Mais pour deux mois, car impossible pour cette petite entreprise de me payer. Je comprends, mais dans un sens ça me révolte. On me prend parce que j’ai les capacités d’un employé, mais que deux mois pour ne pas avoir à me rémunérer. Il me reste donc un mois à faire, et sans doute vais-je retourner dans la boîte de communication qui m’a pris pendant un mois. Eux, ils savent ce que je vaux. Il y en a au moins quelques-uns qui savent.

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La galère des stages : ce moment ou l’on te dit que tu bosses bien

Tout ça pour dire : merde et merci, les stages

Cet article n’est pas là pour inspirer une quelconque pitié ou quoi que ce soit dans le même genre. J’ai eu un parcours de stagiaire assez difficile, tout comme j’ai eu un parcours d’étudiante assez difficile. Je suppose que je vais également avoir un parcours de future employée difficile, et finalement c’est ce que j’en retire de mes stages : je suis prête. Je suis devenue une combattante, une conquérante, je n’ai plus peur de rentrer dans le tas et de dire quand quelque chose ne me va pas. Je ne me laisserais plus jamais marcher sur les pieds (stage n°2.1) et je veux que tout le monde me voie à ma juste valeur (stage n°4.1/3). Sans ces expériences, je serais sans doute restée sur un concept idéal de mon futur métier et du monde professionnel en général. Je sais maintenant qu’il faut s’arracher, se donner les moyens et se dépasser pour atteindre ce que l’on veut, et toute la magie avec ça, c’est qu’on peut se fixer des objectifs de folie.

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(Ceci est un rire de soulagement)

Les stages : la galère, et c’est peu de le dire

par Marie Arduin Temps de lecture : 6 min
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