Ghostbusters version 2016 sort en salle. Paul Feig propose un remake 100 % féminin. Bien que très critiqué pour cette position par Hollywood, la presse anglophone est elle 100 % derrière ce film. Bien plus qu’une histoire de fantôme, elle apprécie le girl power. Avec un tel casting, on aurait pu faire plus drôle, mais cette version ne laisse pas indifférente.

Le passé comme fantôme

Pour incarner 4 wonder women modernes, il fallait trouver la bonne alchimie et c’est chose faite. Les Ghostbusters sont incarnés par Melissa McCarthy (Abby Yates), Kristen Wiig (Erin Gilbert), Kate McKinnon (Jillian Holtzmann) et Leslie Jones (Patty Tolan). Ajoutez à cela Chris Hemsworth, dans le rôle du réceptionniste, et ça vous en fait du beau monde ! Mention spéciale à Kate McKinnon et Leslie Jones qui sont pourtant les deux actrices les moins connues du quatuor. Kate campe une scientifique loufoque très crédible et Leslie une détonante employée de métro. On appréciera aussi Andy Garcia en maire de New York.

Paul Feig avait un lourd héritage à porter, mais il rend un bel hommage aux anciens. L’apparition de Bill Murray à l’écran a ravi la salle, les connaisseurs se souviennent de Peter Venkman. Dans ce volet, c’est Kristen Wiig qui reprend quelque peu son rôle. Elle campe Erin Gilbert, chercheuse à l’université qui va être radiée avant même sa titularisation. Les amateurs saisiront le parallèle. Bill Murray, joue le rôle d’un grand scientifique qui démonte totalement l’activité des quatre héroïnes. Plutôt ironique alors qu’il était à leur place il y a 32 ans. L’autre très bon caméo a lieu à la fin de ce Ghostbusters. Jillian Holtzmann, présente aux autres membres de la team, son mentor, qui n’est autre que Sigourney Weaver. Remember, elle jouait Dana Barrett. Dan Aykroyd, aka Raymond Stantz dans le premier Ghostbusters, a un petit rôle de chauffeur de taxi ! On rend aussi hommage à Annie Potts, avant il y avait 4 chasseurs de fantômes et une standardiste, ici, c’est l’inverse.

Ghostbusters fantôme
Kevin le réceptionniste. Photo by Hopper Stone © 2016 Columbia Pictures

Un Ghostbusters too much ?

On aurait donc attendu plus de ce casting fait pour rire, mais la mayonnaise a du mal à prendre. Si bien sûr tout est à prendre au second degré voir même au 100e, on a du mal à se marrer franchement. Prenez par exemple la scène où Abby, accompagnée d’Erin et Jillian, va voir le doyen de son université pour lui réclamer plus de fonds. Ce dernier va les envoyer paître d’une manière plus que grossière et ce n’est même pas drôle. L’insistance vulgaire à grand coup de doigt d’honneur est vraiment de mauvais goût. Quand on réfléchit avant de savoir s’il faut rire ou pleurer, vous conviendrez qu’il y a un problème. Le seul personnage qui est tellement con (passez-moi l’expression) qu’on en rit forcément, c’est Chris Hemsworth. Le concept de lunettes sans verres est hilarant, vous verrez !

L’autre inconvénient dans ce film est paradoxalement graphique. Les effets spéciaux sont magnifiques, il n’y a pas à dire, mais trop c’est trop. Les scènes d’actions font de l’effet, si j’ose le jeu de mot, mais ne sont pas naturelles. Elles sont là pour faire étalage des prouesses techniques des années 2000 en la matière. La scène finale au milieu de Times Square est le modèle parfait et ressemble à celle des Avengers où un grand vortex se crée emportant tout sur son passage. Ici, des fantômes en sortent et pas des Chitauri, mais ça revient au même. Peu d’originalité ! Le son aussi est démesuré comme si pour que le public digère tous ces effets spéciaux, il fallait que l’on devienne sourd. Alors oui ça fait plaisir de retrouver la fameuse chanson de Ghostbusters, mais quand même !

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Ghostbusters : un film fantôme

par Aliénor Perignon Temps de lecture : 3 min
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