Si vous aimez le mystère, les plot twists ahurissants ou les feux de l’amour, Mon Amie Adèle va vous ravir. Si votre tasse de thé se situe dans le réalisme, abstenez-vous. 

Mon Amie Adèle, Sarah Pinborough

Il y a Louise, mère célibataire, coincée dans un quotidien minuté. Un soir, pourtant, elle embrasse un homme dans un bar… sans savoir qu’il est son nouveau patron. Il y a David, psychiatre renommé et dévoué à sa femme, il regrette ce baiser, mais ne peut s’empêcher de tomber amoureux de son assistante. Et il y a Adèle, l’épouse de David qui semble n’avoir aucun défaut. Si ce n’est de vouloir à tout prix devenir l’amie de Louise…  Fascinée par ce couple modèle, Louise se retrouve malgré elle piégée au cœur de leur mariage. Et peu à peu, elle commence à entrevoir des failles.

Bienvenue dans Mon Amie Adèle, le roman le plus étrange de la rentrée littéraire. 

#FindeDINGUE ou arnaque de dingue ?

Mon Amie Adèle, c’est d’abord un roman psychologique. Dès les premières pages, c’est une plongée dans les eaux un peu trop revisitées de Gone Girl. Le roman embarque ses lecteurs dans une latence permanente, dans une escalade progressive de violence qui appelle le dénouement. La lente montée du suspense dans un récit dénué d’action, mais parsemé d’indices pressent l’altercation finale. En bref, Mon amie Adèle est l’exemple parfait du mindfuck psychologique sociopathe.

Oui mais voilà, ce genre de romans, aussi jouissifs puissent-t-ils être une fois terminés, a deux problèmes. Le premier, c’est qu’on risque très vite de s’ennuyer. Le second : il ne vaut que pour sa fin. Autrement dit : si la fin est réussie, jackpot, mais si la fin est ratée, tout tombe à l’eau. Et comme toute la communication de Mon Amie Adèle repose sur une #FindeDingue, c’est à double tranchant.

Mon amie Adèle avait donc, à première vue, tout pour plaire. Le huis-clos de départ est plutôt palpitant – quoi que très simple -, une atmosphère inquiétante s’installe rapidement, l’absence d’action rend la lecture parfois longue, mais il est facile de tenir jusqu’à la fin : cueillir les indices, dévorer les pages, attendre le plot twist fou. 

Le problème de ce genre de romans, c’est que ce n’est pas un roman : c’est un scénario. Et pour cause, Sarah Pinborough est scénariste. Sur grand écran, chaque scène filerait des frissons. Sur papier, c’est long et ça manque de saveur. Et le vrai problème de ce roman, c’est que sa fin ne rattrape pas les longues heures d’attente. Alors, oui, c’est une fin de dingue, littéralement – tellement littéralement que ça flirte avec l’escroquerie. Tout le principe d’un roman policier repose sur le fait que l’auteur dissémine des éléments permettant au lecteur de résoudre le mystère tout au long des pages. Et celui-là, de mystère, personne n’aurait pu le résoudre. Sorti d’un chapeau magique, insufflant un plot twist magistral mais pas crédible pour un sou, cette fin de dingue va jusqu’à faire changer le roman de genre. Frustrant ? Oui. Génial ? Non.

Verdict :  

Tous les mardis et vendredis, nos rédactrices de la rubrique littérature vous parlent d’un livre qu’elles ont aimé. Ne tardez plus, allez découvrir nos autres chroniques !

MON AMIE ADÈLE : fausse #FindeDINGUE ?

par Lolita Savaroc Temps de lecture : 2 min
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