« C’est un roman. Enfin un roman… c’est un cri. Deux, même. Un cri d’amour et un cri de détresse », on ne pourrait pas mieux définir le roman Pour te perdre un peu moins que par les mots de son auteur Martin Diwo. Le romancier raconte un moment fort de sa vie : la première rupture amoureuse. Il nous dévoile une histoire à la fois personnelle et universelle. Mettre des mots sur cette épreuve difficile que l’on a tous déjà vécu est un exercice périlleux, mais il relève le défi avec brio. Chapeau bas pour un premier roman !

Martin Diwo & sa rhétorique du subconscient

La première chose qui saute aux yeux quand on lit Pour te perdre un peu moins c’est sa construction. Une rupture ça fait mal, c’est désordonné, et pourtant, malgré le chaos qui règne dans son cœur, Martin Diwo parvient à mettre de l’ordre dans ses pensées. Comme dans toute séparation, les étapes se présentent d’elles-mêmes : les amis qui vous disent que la personne reviendra, la famille qui vous dit d’avancer ou vice versa, la période de deuil etc… Il y a les chapitres intitulés « Ce sera » où il imagine, comme bien d’autres avant lui, la prochaine fois qu’ils se reverront. Les passages où il se demande quand tout a basculé qui interviennent à intervalles réguliers dans le roman : « Peut-être est-ce lors de cette balade sur les quais que tout a basculé » (P132) ou encore « C’est peut-être lors de cette nuit de septembre que tout a basculé » (P201). Des interrogations qui se terminent toujours sur des « Et si ? ». Martin Diwo propose une large palette de procédés d’écriture, mais on en chérira deux particulièrement. Le premier « Long métrage » apparaît à la page 18 et le dernier à la page 258. Lors de ces parenthèses filmiques, l’auteur raconte les débuts de cette histoire d’amour, quand tout allait bien, puis chemine jusqu’à sa fin tragique. « Rhétorique du subconscient » peut être pris pour une simple conversation entre l’auteur et un ami s’il on y fait pas attention, mais comme son nom l’indique, la conscience donne du fil à retordre.

Elle & Lui Ce sera Pas & Plus

Elle n’est jamais nommée, lui non plus, seuls les amis le sont. De son côté à Elle : Diane, sa meilleure amie. De son côté à lui : Antoine, Victor, Chris, et Tomas, sa bande de potes. Elle est dans chaque page de ce livre sans y être vraiment à part dans les chapitres « Elle & Lui ». Dans un ménage à 3, où le romancier fait parler Lui & Diane et Elle & Diane de manière directe, elle apparaît, on entend sa voix. Le romancier donne une voix toute personnelle au chagrin qu’il subit et lire un homme qui souffre il n’y a pas plus beau. Ce n’est pas sadique que de dire ça, mais on apprécie, car il faut bien avouer qu’il est assez rare que le sexe masculin s’adonne à la complainte. Pour te perdre un peu moins est bien plus que cela c’est un exorcisme, une thérapie. Martin Diwo passe de la peine « Ce cœur d’ailleurs, ce cœur qui battait si fort, pourra-t-il battre de nouveau ? » (P13), à l’acceptation « Ce sont les goûts qui changent et les envies qui évoluent » (P225). Pour Martin Diwo « mettre le mot fin à ce roman, c’est mettre le mot fin à notre histoire » (P263). L’histoire est close, la catharsis faite.

Tous les mardis et vendredis, nos rédactrices de la rubrique littérature vous parlent d’un livre qu’elles ont aimé. Ne tardez plus, allez découvrir nos autres chroniques !

Pour te perdre un peu moins : le cri de détresse de Martin Diwo…

par Aliénor Perignon Temps de lecture : 2 min
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