Le week-end des 23 et 24 avril 2016 s’est tenu la deuxième édition de Neocast, la convention strasbourgeoise entièrement dédiée aux vidéastes et à leur univers. Le rendez-vous était fixé au Zénith de Strasbourg, l’Étudiant Autonome s’y est rendu la journée du samedi pour vous en faire un retour critique.

Coucou Antoine Daniel
Coucou Antoine Daniel.

Neocast / Disneyland, même fonctionnement

La convention Neocast a changée d’envergure. En une édition en 2015, elle a su se forger une réputation solide, revendiquée par des vidéastes comme Antoine Daniel qui en fait l’un de ses rares déplacement pour aller à la rencontre de son public. A l’entrée, une queue assez phénoménale se forme dès l’ouverture. Le public attend avec impatience de pouvoir rentrer dans le Zénith, retardé par les précautions vigipirate qui voient énormément de bouteilles terminer leur voyage au portique de sécurité. Premier accroc de la journée, l’entrée est ralentie, voir bloquée, pour les nouveaux arrivants. La cause : la queue s’étalant tout le long des portes d’entrées du Zénith pour récupérer les tickets nécessaires pour voir les vidéastes les plus connus (19 en tout sont soumis à ce fonctionnement).

Et il ne fallait pas traîner pour les récupérer, premiers arrivés, premiers servis. A la manière du plus connu des parcs d’attractions, on récupère donc des tickets pour pouvoir accéder aux nouvelles idoles des jeunes, et c’était la course pour en récupérer le plus. Avec plusieurs passages dans la file, car un seul ticket par passage et par personne. Vous comprendrez donc qu’il valait mieux y aller à l’ouverture et avec un groupe d’amis. Et tant pis pour ceux qui auraient voulu venir que l’après-midi, ils ne pourront pas assister aux ateliers, ni voir les stars de la convention.

Les gens patientent pour rencontrer Fred et Seb du grenier.
Les gens patientent pour rencontrer Fred et Seb du grenier.

Neocast, un lieu de rencontres

La Neocast, c’est bien sur un événement qui permet aux fans de rencontrer les vidéastes qu’ils adorent et qu’ils suivent avec fidélité sur internet. Mais c’est aussi un lieu qui permet aux vidéastes de se rencontrer entre eux. Comme nous l’a dit Cyprien peu avant son intervention dans la salle des conférences : « Ce genre de convention me permet bien sûr de rencontrer mon public, mais ça me permet aussi d’échanger avec d’autres youtubeurs, et d’y trouver des affinités pour faire des possibles collaborations à l’avenir ». De même, il y a, en plus des vidéastes invités par la convention, la présence d’autres créateurs du web (votre serviteur a pu croiser Julien Ménielle et Thomas Hercouet entres autres) qui profitent également de l’événement pour voir leurs amis et leur public quand celui-ci les reconnaît au détour d’un stand ou d’un atelier.

La convention s’organise entre les stands de dédicaces, qu’on peut résumer par une file de personnes qui attendent leur tour pour pouvoir échanger avec les vidéastes qu’ils apprécient. Mais Neocast permet aussi d’échanger avec les créateurs dans le cadre d’ateliers en comité restreint. Pour y accéder, le même système de ticket que les stands de dédicaces est mis en place, et de la même manière, ces tickets sont partis à toute vitesse.

En coulisse, une organisation imparfaite

Des témoignages sur l’organisation, aussi bien en coulisses que des visiteurs, ceux-ci vont du satisfaisant à la colère noire. On peut déjà souligner l’utilisation de l’espace dans le Zénith qui n’est pas optimale, on se presse à certains endroits quand d’autres sont assez vides. On peut noter l’effort de proposer des activités annexes aux ateliers et dédicaces avec une arène de bataille où l’on se tire dessus avec des fusils Nerf et une escape game.

Mais le principal retour vient de l’organisation en coulisses. Alors que dans l’édition précédente, les vidéastes et les bénévoles avaient une seule salle de repos, cette année ils sont séparés dans deux salles distinctes, ce qui se ressent dans l’ambiance générale de la convention. De même, on peut noter une sous-présence de vidéastes féminines pourtant en nombre sur internet (sur 55 chaînes Youtube invitées, 6 sont tenues par des femmes). Ce décalage important dans la représentation à la Neocast a été relevée la semaine précédente aux organisateurs par Calie, qui tient la chaîne Les Topauvaures, mais n’a pas été suivie par une réponse des organisateurs.

Linguisticae, les Topauvaures, Nota Bene, le Fossoyeur de films et Axolot en conférence
Linguisticae, les Topauvaures, Nota Bene, le Fossoyeur de films et Axolot en conférence.

Des vidéastes et visiteurs mécontents

Lundi 25, les retours commencent à arriver sur les réseaux sociaux, et ils ne sont pas tous positifs. Certains vidéastes ont eu des mésaventures comme Dave d’Histoire Brève qui raconte s’être fait voler ses affaires alors qu’il était parti fumer 10 minutes.

De même, certains se sont fait éjecter de la convention par les services de sécurité.

D’autres encore se plaignent de la part trop importante donnée aux stars alors que la réussite de la première édition tenait à l’égalité d’importance peu importe le succès et l’audience du vidéaste.

De plus, certains invités étaient positionnés près des entrées, exposés au froid et aux courants d’air, sachant qu’il n’y avait pas de chauffage dans le Zénith.

 Et d’autres étaient carrément mis à l’écart du reste des vidéastes.

Bref, l’organisation n’était pas du tout optimale pour leur rendre ce week-end des plus confortables. Ce qu’a confirmé Ginger Force et Calie des Topauvaures, qui se sont chacune fendue d’un long texte partagé sur leurs Twitter, qui explique point par point pourquoi elles ne reviendront pas à Neocast l’année prochaine.

Les organisateurs de Neocast répondent

Les organisateurs de la Neocast, César Le Messager et Katharina Grünberger, ont bien voulu répondre à toutes les critiques qui ont pu être portées à cette édition 2016 de la Neocast point par point. Nous vous rapportons ici ce qu’ils ont déclarés.

Sur les problèmes techniques, les organisateurs nous ont assurés qu’ils ont cherchés le plus possible des solutions. Ils ont équipés les deux ateliers avec des micros et des télés après avoir eu des retours sur le bruit alentour qui rendait les échanges verbaux quasi-impossible. Ils assument le système des tickets qui est pour eux le moins injuste et le plus confortable pour les visiteurs et les participants, ils reconnaissent un manque de communication sur les horaires indiquées sur les tickets, ce qui a abouti à quelques files d’attentes sur les stands.
De même, ils reconnaissent qu’il y a eu un problème de communication sur le dispositif Vigipirate qui était mis en place. Les orgas de Neocast pensaient sincèrement que toutes les bouteilles en plastique pouvaient passer, mais en réalité uniquement celles de moins de 75cl sans bouchon étaient autorisés pour les visiteurs. Pour finir, sur le fait que des visiteurs ont été invités à sortir vers 18h par les services de sécurité, c’est parce que le créneau horaire d’assurance au sein du Zénith valait jusqu’à ce moment là, et qu’ils devaient donc vider les lieux. César me reprécise sur ce point là qu’ils ont bien fait des annonces répétées 45 minutes avant la fermeture pour informer de la fin de la convention.

En ce qui concerne les bénévoles, Neocast a dû faire face à des désistements, une dizaine en tout. Ceci explique en partie pourquoi les stands n’étaient pas tous au moins surveillés au sein de la convention. De même, le rationnement de l’eau le samedi matin était dû à un oubli d’approvisionnement du prestataire, qui n’a pas fourni suffisamment de volume pour couvrir tout les besoins. Les organisateurs ont donc pris sur eux pour payer de leur poche ce qu’il manquait mais ne pouvaient pas couvrir tout le désagrément qui s’en est suivi. Enfin, de nombreuses personnes ont fait remarquer que les bénévoles ont du payer 20 euros pour adhérer à l’association. C’est un choix fait pas Neocast pour réduire le coût de l’entrée. Ils rappellent également qu’ils sont tous bénévoles dans cette aventure.
Pour ce qui est du traitement des bénévoles, César et Katharina assument leur choix d’avoir séparés les salles de repos entre les bénévoles et les vidéastes. Ils y avaient eu des problèmes l’année dernière et ils n’ont pas préférés prendre de risque pour cette année. Ils regrettent néanmoins qu’il n’y ai pas eu de moments pour que les bénévoles puissent discuter durant le week-end avec les invités, et vont réfléchir à mettre en place un créneau dans cet optique là pour la prochaine édition.

Sur les problèmes soulignés avant la convention, sur le nombres de vidéastes femmes invitées et le contentieux avec Ginger Force et Calie des Topauvaures, César et Katharina ont proposés à Ginger Force de passer d’un atelier limité à une cinquantaine de personnes à la grande scène où on pouvait accueillir 1500 à 2000 personnes. Elles auraient ainsi pu faire une conférence sur la place des femmes dans les médias et parler à un plus grand nombre de personnes afin d’élargir l’audience sur ces thématiques importantes. Néanmoins, Ginger Force rappelle que cette conférence aurait eu lieu à la place de son atelier sur la place des femmes dans l’histoire, alors qu’un autre invité voulait bien laisser son créneau pour lui donner du temps supplémentaire sur la question. César me reprécise que ce vidéaste était très demandé, et qu’il ne voulait pas supprimer un créneau attendu par les visiteurs au risque de faire des mécontents sachant que la programmation était déjà rendue publique.
Les organisateurs veulent rappeler que ce sont des problématiques qui leurs tiennent à cœur, que c’est un homme et une femme qui se chargent de la programmation et qu’ils essayent du mieux possible de répondre aux attentes et remarques des bénévoles, visiteurs et invités sur comment améliorer la convention, pour le mieux. Ils regrettent une communication avec Ginger et Calie qui a pu être mal comprise ou mal interprétée.

Pour conclure sur la programmation, qui semblait aux goûts de certains visiteurs trop centrée sur certains vidéastes, César me dit qu’ils n’ont fait que répondre aux attentes des visiteurs, qui avaient regrettés l’année dernière qu’ils n’y ai pas plus de créneaux prévus avec Antoine Daniel ou Aziatomik durant les conférences (qui se tenaient l’année dernière dans un amphi de 500 places, et cette année dans une salle de 2000 places). Ils me précisent aussi qu’ils n’ont pas voulu prendre trop de risques à se retrouver avec une salle de conférence quasi-vide sur certains sujets, qu’ils ne voulaient pas expérimenter tout de suite et s’assurer qu’il y avait la place pour des conférences plus spécifiques. Les retours de cette année et le public toujours présent durant les conférences les ont convaincus qu’il y avait une marge à prendre, et qu’ils en prendrait compte pour la prochaine édition.

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Neocast : la convention des vidéastes

par Christophe Lalevee Temps de lecture : 8 min
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