Depuis quelques années, l’eSport (le sport électronique) s’est invité dans la vie des spectateurs occidentaux, notamment grâce à l’internationalisation de la Global Starcraft League coréenne (avec le duo anglophone Tasteless et Artosis), l’arrivée de services de streaming comme Justin.tv (qui deviendra Twitch), et la mise en place de tournois prestigieux en Europe (Starladder, Dreamhack) et en Amérique (Major League Gaming).

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L’eSport : trois problèmes …

#1. L’eSport souffre d’un manque de reconnaissance officielle … En l’absence de fédération nationale et de règles encadrant le statut des joueurs, beaucoup d’entre eux sont basiquement des travailleurs précaires, car ils ne vivent que sur le sponsoring et les gains en tournoi. Cette précarité a déjà encouragé des joueurs à faire des bêtises (match truqué). En France, une seule entité dispose de sa propre Gaming House (une sorte de centre d’entraînement, où les joueurs vivent entre eux) : Millenium. De nombreuses autres entités françaises ne peuvent pas se le permettre, faute de moyens et d’infrastructures. Cette tendance commence toutefois à disparaître, des entreprises comme Samsung prenant sous leur aile des joueurs et équipes, offrant des infrastructures et contrats plus qu’honnêtes aux meilleurs, et des tournois jouant sur un système de saison deviennent assez populaires pour payer un salaire aux joueurs (LCS de League of Legends).

#2. Les compétitions sont fermées aux femmes au pire (L’IeSF a été tristement reconnu pour cela l’année dernière), au mieux, ségrégation sexuelle (je vous regarde, les organisateurs de l’ESWC, qui divisent les joueurs et les joueuses de Counter Strike …)

#3Une implication internationale proche du néant … Peu de fédérations nationales, aucune instance officielle internationale (ou plutôt, plusieurs organisateurs qui essaient de s’arracher le butin). En gros, une vraie coupe du monde n’est pas pour aujourd’hui.

… Pour trois solutions ?

#1. Les cyber-athlètes malaisiens peuvent se réjouir : une fédération eSportive, sous le contrôle du Ministère de la Jeunesse et des Sports a été créée, et rejoint les quelques pays en étant déjà dotés, comme la Corée du Sud. Dans un contexte ou la Malaisie montre qu’elle a aussi bien de bons éléments (Orange eSports, qui a fini 3è à The International 2013, la grand-messe annuelle des joueurs de DotA 2) que des mauvais (Arrow Gaming et ses déboires au niveau compétitif et au niveau moral, sur fond de matchs truqués …), la fédération aura un sacré travail.

#2. Les femmes vont désormais pouvoir concourir au même niveau que les hommes à l’IeSF. Une avancée appréciable et un bel apprentissage des erreurs du passé, dans la mesure où le sport électronique est plutôt considéré comme un sport de l’esprit, et non comme étant quelque chose de physique.

#3Riot Games, les créateurs de League of Legends, a organisé les phases finales des World Championship 2015 en Europe. Une excellente nouvelle pour le Vieux Continent, qui commençait sérieusement à envisager des tournois à la coréenne (comprendre : en utilisant des stades, de grandes salles de spectacle, voire en restransmettant sur la petite lucarne), comme ce qui s’est passé à l’ESL Frankfurt, qui a utilisé la Commerzbank Arena et sa capacité d’accueil de plusieurs dizaines de milliers de spectateurs le temps d’un week end !

Ce tournoi sera d’ailleurs l’occasion de vous apprendre quelques bases, afin d’apprécier ce jeu en tant que spectateur. Et de vous rappeller qu‘Imagine Dragons a fait un morceau exprès pour l’édition 2014.

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par François-Xavier Cornillet Temps de lecture : 3 min
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